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Les hauts et les bas de mes papilles à Paris

Mercredi dernier, grâce à Stéphanie, une autre charmante Québécoise qui a emménagé dans la Ville Lumière, j’ai pu renouer – en partie – avec mes racines: je suis allée chez Schwartz… à Paris! Oui, oui, il y a bel et bien un Schwartz’s à Paris. Non, non, c’est pas une franchise de l’établissement du boulevard St-Laurent de Montréal qui rend les bedons heureux depuis 1928. Non, non, c’est «pas pareil». Mais il y a de la moutarde jaune, des gros pickles à l’aneth, du fromage Philadelphia, des bagels (plus puffy et moelleux à la Gadoua que savoureux et dense à la St-Viateur et Fairmount… mais bon… faudrait pas trop en demander!), et… ben non, pas de vrai de vrai smoked meat tendre et juteux. Plutôt du pastrami coriace. Même couleur, texture différente. Enfin… il y a un petit peu de rose fluo aux extrémités de la viande, mais comme ça ne goûte rien, on ferme les yeux et c’est nickel (j’ai une petite pensée pour mon amie Isabelle qui aime Céliiiiiiiiine en écrivant cet adjectif «français de France»… allez savoir pourquoi). Avec une pincée de mélancolie et une grosse tasse de nostalgie… on s’en accommode. Que dis-je? Avec une pincée de mélancolie et une grosse tasse de nostalgie… on s’extasie.

Sauf quand le serveur – visiblement habitué à servir des Montréalais – nous demande «Pis? Est-ce que c’est meilleur qu’à Montréal?». La question qui tue… celui qui la pose! C’est comme demander à un enfant de 5 ans: «Pis, mon père est-il plus fort que le tien?». Ou à un résident de Québec il y a quelques années (ah, pis encore aujourd’hui, probablement… C’est ce que nous verrons avec la nouvelle série de TVA ): «Pis? Tu trouves pas que les Canadiens sont meilleurs que les Nordiques?» Ou – pour ramener le tout au sujet du jour – à un Français: «Pis le pain de nos boulangers vaut-il celui des vôtres?» Sans rancune pour les boulangers Québécois… Mais j’avoue qu’ici… c’est OUFfement hallucinant pour verlaniser un peu ce billet…

La réponse est définitivement «Non… désolée, c’est vraiment pas meilleur qu’à Montréal». Ce à quoi le serveur réplique «Oui… mais on est plus sympathique et cute que les vieux serveurs de Montréal!» (Notez que je conserve un certain niveau de politesse dans le choix des termes ici…). Bon point. Mais est-ce une raison valable? Mon moi en doute. Disons qu’il trouve l’argument «carte des vins» plus efficace. Parce que bien qu’ordinaire pour Paris, cette carte des vins reste innovatrice pour un Deli  😉 Il y a aussi le gâteau au fromage – auquel je n’ai pas goûté – qui était, selon les dents sucrées à l’estomac sans fond présentes ce soir-là, excellent.

Ma grande déception face à cette soirée qui s’est déroulée un soir de semaine, c’est que le matin avant de partir pour le boulot, je n’ai pas pensé traîner mon appareil photo. Je n’ai donc aucun cliché à vous proposer. Cela dit, je trouvais absurde de vous en parler sans même vous donner une petite idée du look de la place… J’ai donc googlé des images de «Schwatrz’s Paris»… Et je suis tombée sur ce billet du blogue Italians do it Better, Paris sera toujours Paris, hélas.

En le lisant, je me suis dit que je devais être née sous une bonne étoile pour n’être pas encore si mal tombée. Côté sushis, j’avoue que Paris a des croutes (ou des algues) à manger. Je n’en ai trouvé qu’un seul «acceptable» jusqu’à maintenant et j’avoue que, par peur d’être gustativement déçue et monétairement lessivée, je lui reste fidèle quand l’envie me prend: le Planète Sushi de Bastille. En plus, ils ont un p’tit convoyeur qui réveille mon coeur d’enfant et rend le repas d’autant plus savoureux. Et un cook ADORABLE!

Mais je crois qu’une instance suprême a lu dans mes pensées au moment où j’ai songé à ma bonne étoile et a décidé de jouer un peu avec mon destin parisien pour me faire vivre la ville sous toutes ses déconfitures. Comment? En foutant dans mon chemin, vendredi soir dernier, le plus exécrable restaurant que j’aie eu «la chance» de tester depuis mon arrivée. Je tairai le nom parce que je préfère taire les abjections et me concentrer sur les bénédictions… Je dirai simplement, en guise d’excuse pour l’endroit, que l’avoue qu’il est situé près du Panthéon, un coin touristique. On n’aidait pas notre cause. N’empêche, la fenêtre était bien nantie de médailles en papiers octroyées par différents guides et critiques, la dénomination «Bar à vins» semblait admirablement honorée d’un choix de choix énuméré sur l’ardoise et les places libres se faisaient rares.  Honnêtement, ça sentait l’espoir. Mais dès que nous fûmes assis, nous avons compris que cette odeur était un leurre et que nous aurions plutôt droit à un service de type «grouillez-vous qu’on serve d’autre monde».

Bon, ok. Ça va, on commence à y être habitué. On choisit donc notre menu (mais malheureusement, ils ont oublié d’indiquer qu’ils n’ont plus d’onglet de boeuf et M. Paul devra donc se contenter d’une autre partie de l’anatomie bovine) et notre vin. Un super Bourgogne à plus de 35 euros la bouteille.

Puis là, le vrai fun commence. On a d’abord droit au  panier de pain du voisin. Mais ça aussi on commence à y être habitués. Certains serveurs ont la discrétion de passer par la cuisine pour faire semblant de le renouveler le contenu de la corbeille entre deux clients, mais on sait très bien que les bouts de pain se passent de table en table. Classique. Le problème dans ce resto c’est que le pain de notre corbeille jouait à la table musicale depuis le repas du midi, voire de la veille. Il aurait été parfait pour faire des croutons. Même pas besoin de le faire sécher au four!

C’est alors que le super Bourgogne à plus de 35 euros la bouteille arrive… directement sorti du congélateur! J’aime mes vins rouges bien frais. Souvent, je demande même un seau de glace pour qu’ils viennent à point (au grand dam de la plupart des serveurs qui me disent que «ça ne se fait pas»… Mais pour certaines choses, j’ai une tête de cochon…).

Cela dit, dans ce cas-ci, ça nous aurait plutôt pris un seau d’eau bouillante… ou un micro-ondes. Lorsque nous l’avons signalé à la serveuse, elle est allée voir le patron de l’endroit qui a brusquement versé le contenu de notre bouteille dans une carafe  endommagée, attrapée à la volée au-dessus du bar. Deux options: soit il était convaincu que la bouteille était la source directe du refroidissement, soit il croyait que la poussière de la carafe agirait comme un nuage à effet de serre sur le vin…

Malgré tout, à mon avis, la partie la plus difficile à digérer en ce vendredi où M. Paul et moi avions tous deux soif de plaisir et de calme (parce que nous venions de faire une croix sur le bon vin), c’est le pseudo-chanteur, pseudo-guitariste, pseudo-espagno-gréco-italiano-americano-français qui est venu s’installer juste à côté de nous pour prouver à nos tympans que ça peut toujours être pire que ce qu’on croyait. La cucaracha dans le Sud, après 5 rhums et 3 margaritas, ça peut aller. La cucaracha à un millimètre de notre oreille à Paris, un vendredi soir empreint de fatigue et d’exaspération, ça peut pas aller…

Le lendemain, pour nous réconcilier avec la vie gastronomique parisienne, nous avons donc opté pour une valeur sûre: mon cher Planète Sushi! Nous avons d’ailleurs eu la chance d’assister en direct à la naissance d’un nouveau sushi aux allures de pelouses de 3 mois (sans les pissenlits). Exquis. Ce soir là, j’avais prévu le coup et je peux partager quelques clichés de cette soirée…!

Le fameux sushi poilu, né le 29 août 2009.

Le fameux sushi poilu, né le 29 août 2009.

Le petit convoyeur qui rend mon coeur d'enfant heureux!

Le petit convoyeur qui rend mon coeur d'enfant heureux!

Deux écrans plasma nous offrent un magnifique spectacle «en direct de leurs cuisines»...

Deux écrans plasma nous offrent un magnifique spectacle «en direct de leurs cuisines»...

le fidèle cook qui, jusqu'à présent, était sur place toutes les fois où j'y suis allée!.

Le fidèle cook qui, jusqu'à présent, était sur place toutes les fois où j'y suis allée!.

Visite de Prague «à la MissK»

En voyage, on a tous nos petites manies. Certains s’obstinent à suivre à la lettre les recommandations de guides, qu’ils soient en papier, en pixels ou en chair et en os, alors que d’autres s’obstinent à NE PAS suivre les recommandations de ces mêmes guides. Il y en a aussi qui ne jurent que par les bureaux d’infos touristiques. Les bars, quand on parle la langue du pays, deviennent également une source de conseils intarissables, pour autant qu’on les note ou que l’alcool n’altère pas notre mémoire.

Moi, je fais partie de ceux qui aiment bien s’informer sur la ville – festivals, musées et cinémas en priorité! – avant d’y mettre les pieds avec des guides en papiers, en pixels et en chair et en os… mais j’apprécie encore plus, sur place, me perdre dans les rues pour être surprise.

C’est ainsi qu’à Séville, on est tombés par hasard sur la pension Fabiola, au fin fond d’un cul-de-sac… l’endroit le plus sympa où on a couché lors de notre première visite en Espagne il y a maintenant 6 ans!

Ou qu’à Hawaii, on a trouvé: mon vin californien préféré (Pepi – Sangiovese) – une seule bouteille dans tout le supermarché! Placée avec les vins blancs en plus… un vrai miracle!- et un resto de sushis à tapis roulant – le seul qu’on ait vu sur les trois îles visitées – dans un rayon de 20 pas. On a d’ailleurs pu unir les deux, le vin et les sushis, grâce à la gentillesse de la jeune serveuse qui, moyennant un demi-verre de vin, nous a laissé boire notre bouteille en mangeant, même si ce n’était pas vraiment (ou vraiment pas) dans les habitudes (et les droits) de la maison…

Genki Sushis, sur l'île de Kauai à Hawaii

Genki Sushis, sur l'île de Kauai à Hawaii

Le tapis du Genki...

Le tapis du Genki...

Au Genki avec le Pepi... bourrés à la française et à la québécoise... et heureux! :-)

Au Genki avec le Pepi... bourrés à la française et à la québécoise... et heureux! 🙂

Mmmm… Que de bons souvenirs! Cela dit, ça arrive aussi que j’accroche sur un truc lorsque je fais mes recherches préliminaires. Dans le cas de Prague, en lisant, j’ai eu une attaque Cernyaque, et je me suis créé mon musée en me donnant pour mandat de voir chacune des oeuvres de l’artiste David Černý posées dans la ville. Un musée de plusieurs kilomètres donc!

David Černý s’est fait remarquer pour la première fois en 1991, année lors de laquelle il décida de peindre en rose le char symbolisant la libération de Prague par l’Armée rouge. Ce fut son passeport pour la prison… et pour une réputation d’artiste «controversé». Controversé? Audacieux? Culotté? Rigolo? Ce type de jugement dépend tellement de «l’histoire» qui s’est gravée – volontairement ou de force – dans les mémoires, les tissus et les organes de la personne qui regarde l’oeuvre!

Moi, heureusement ou malheureusement, je n’ai jamais vécu sous un régime communiste, je n’étais pas là, lors de la manifestation du 17 novembre 1989 et je n’étais pas encore née lors du Printemps de Prague (expression qui représente pour moi tout autant un festival de musique que les 8-9 premiers mois de 1968..) et du régime qui le précéda. Ma façon de voir l’oeuvre de Černý n’est donc pas gorgée de bons ou de mauvais souvenirs, elle n’est ni idéologique ni politique. Elle est purement nord-américaine. Purement artistique… «plastique». Je ne vois pas du tout la chose sous le même angle qu’un Tchèque, j’en suis persuadée. Ni sous le même angle que moi-même dans un futur plus ou moins rapproché, d’ailleurs. Je donne une tout autre dimension à cette oeuvre, comme un enfant qui voit les volcans comme «des montagnes qui font ATCHOUM» (Voir PetitMonde) ou un nez qui coule comme un «nez qui pleure» (voir Educatout). C’est comme ça que j’aime voir les oeuvres d’art. Et la littérature.

Je crois que par respect pour un artiste, pour son oeuvre, il est important de s’informer sur son histoire, sa démarche, ses intentions (lorsqu’il en a). Mais après, ce que je trouve magnifique, c’est de laisser s’exprimer l’oeuvre en toute naïveté. Dans des millions de directions.  De l’enrichir de mille et une émotions, mille et une «significations», mille et une résonnances.

Alors voilà pourquoi je suis curieuse de savoir ce que VOUS, vous en pensez. Vos réflexions, vos impressions m’intéressent! Je vous propose de regarder, de ressentir et de commenter. Parce que maintenant, je vous emmène en ballade visuelle à travers ses installations praguoises…  Tous les kilomètres que j’ai faits, je vous les offre sur un blogue d’argent, en photos.

Prêts? Allez hop! On part…

On commence en rose. Back in 1991…

Voici le fameux tank peint en rose qui lança la carrière de David Černý. Comme mon tchèque n’est pas à point et que je peux donc difficilement lire les documents et sites du pays sur le sujet, j’ai pu constater que les informations concernant cette oeuvre sur le Web sont aussi diversifiées que les opinions des gens sur la question… Difficile de mettre tous les morceaux du casse-tête en place…

Mais si j’ai bien compris, Černý a d’abord peint le tank en rose en 1991. Son geste rapidement condamné, Černý fut envoyé en prison et le char, repeint en vert par les autorités. Mais l’incident provoqua la colère de plusieurs parlementaires et certains d’entre eux entreprirent de le repeindre en rose! Leur immunité parlementaire les protégeant, ces derniers n’ont donc pas subi le même sort que Černý qui lui, fut relâché. Selon Lonely Planet, le char fut retiré et remplacé par une fontaine après que l’Union soviétique se soit plaint. Jusqu’à tout récemment, pour le voir, il fallait donc se rendre dans un musée à une quarantaine de kilomètres de Prague. Mais, comme en témoignent les deux photos ci-dessous, j’en ai vu des morceaux, juste à côté de la fameuse fontaine. Il semble qu’ils aient été rapatriés sur la Place Kinsky le 21 août 2008.

À n'en pas douter, c'est bien rose.

À n'en pas douter, c'est bien rose.

En plan plus rapproché.

En plan plus rapproché.

On poursuit avec l’oeuvre que je souhaitais le PLUS voir: Brownnosers. Située dans la cour de la Galerie Futura, dans un coin moins fréquenté par les touristes de la ville où les jeunes gens se trimballent dans la rue pinte de bière à la main les dimanches matins à 10h, l’installation géante permet de regarder une petite vidéo entre les fesses d’une statue. Le sujet de la vidéo? Le président tchèque et le directeur de la Galerie nationale se nourrissent mutuellement de bouillie!

Mais… pour une raison inconnue, la Galerie Futura n’était pas ouverte le jour de notre visite… Alors voici ce que j’ai pu voir à travers quelques fissures dans la porte…

Vue du premier trou...

Vue du premier trou...

Oh! Un deuxième trou...

Oh! Un deuxième trou...

En désespoir de cause... à plat ventre pour voir sous la porte...!

En désespoir de cause... à plat ventre pour voir sous la porte...!

Pour voir l’installation en photo et bien comprendre l’expression «avoir [une] tête dans le cul», visitez le site officiel de David Černý, donc…

Quo Vadis, qui se trouve dans le jardin de l’ambassade d’Allemagne, est un Trabant (voiture -Allemagne de l’Est) sur quatre pattes (quatre jambes humaines en fait…). L’oeuvre désirerait rappeler l’exode des citoyens de l’ancienne République démocratique allemande en 1989.

On ne voit pas bien, mais c'est quand même assez imposant.

On ne voit pas bien, mais c'est quand même assez imposant.

Viselec (Hanging Out), c’est un homme barbu à lunettes (souvent comparé à Sigmund Freud) qui se tient d’une main au-dessus de la rue Husova.

On a vraiment failli le manquer...

On a vraiment failli le manquer...

...parce qu'il est haut!

...parce qu'il est haut!

Kun (Cheval) se trouve tout près de sa «vraie version», place Vanceslas:

La version «Place Vanceslas»...

La version «Place Vanceslas»...

La version de Černý, représente Saint Vanceslas chevauchant un cheval mort:

Et celle de Černý.

Et celle de Černý.

Miminka (maman), ce sont les fameux bébés géants qui grimpent (gaiement?) sur la Tour de la télévision. Ce qui est identifié comme étant des fentes pour les pièces de monnaies remplace leur visage.

Les petits bébés grimpent vraiment partout!

Les petits bébés grimpent vraiment partout!

De plus près...

De plus près...

Et certains se sont évadés au Musée Kampa... À droite, le visage en «trou pour la monnaie»...

Et certains se sont évadés au Musée Kampa... À droite, le visage en «trou pour la monnaie»...

Et je termine avec Proudy (Cours d’eau). Ici, on peut voir deux hommes qui urinent «non-stop», comme on dit ici, dans une flaque de pipi (eau) dont la forme rappelle clairement République Tchèque. Et… la statue bouge! Leurs pénis montent et descendent (je leur ai donné un p’tit coup de main comme vous pouvez voir…) pour écrire des citations de résidents tchèques reconnus. J’ai probablement d’ailleurs changé quelques phrases avec mon «aide»… 😛

Il y a comme une thématique «pipi» dans mes derniers voyages... Les Pis de Bruxelles, le monsieur tout nu de Donastio et là...

Il y a comme une thématique «pipi» dans mes derniers voyages... Les Pis de Bruxelles, le monsieur tout nu de San Sebastian et là...

Je voulais qu'il écrive mon nom... ;-)

Je voulais qu'il écrive mon nom... 😉

Alors? Vous avez apprécié la p’tite visite?

Plaisirs des sens chez les Tchèques

Le jour de notre arrivée à Prague, pour le lunch, on a mangé de la pizza à la Piazzetta du Palladium.

C’est là que je l’ai aperçu. En fait, mes antennes l’ont d’abord «perçu» de loin et m’ont mise sur le «qui-vive». Je sentais sa présence et le cherchais du regard. Mais c’est en me rendant aux toilettes, situées à l’autre bout de l’étage, que je l’ai croisé. Je ne me suis pas arrêtée, pressée par ma vessie, mais mon regard est resté bien accroché sur lui. À m’en tordre le cou. Je ne regardais plus du tout où j’allais, complètement hypnotisée.

Je me souviens m’être demandé si le fait qu’il soit tchèque jouait en sa défaveur. Mais j’ai rapidement balayé cette pensée. Il fallait que je teste par moi-même. C’est plus fort que moi. Chaque fois que j’en vois un, faut je goûte. Surtout que celui-là avait deux étages!!
– M. Paul? On vient souper ici ce soir! T’as vu le tapis roulant à deux étages rempli de sushis???
– Ok… Mais des sushis ici… tu penses que ça va être bon? On est pas près de la mer…
– Oh, STP! On verra bien! Ça peut pas être si pire que ça! Non?
En fait, oui. Ça peut être «si pire que ça». On a eu du plaisir, ça s’est sûr. Nous oui, mais pas nos papilles.

Le nom du resto est Running Sushis. Un excellent choix de nom qui tire assurément son origine du fait que les sushis prennent leur jambe à leur cou et s’enfuient dès qu’ils sont déposés sur le convoyeur.

Résultat? Le choix de plats se limite quasiment à… des mets chinois (poulet à l’ananas, ailes de poulet à saveur de spareribs, masse suspecte frite, friture de friture frite, saumon, saumon sur riz, riz sur saumon, oh! une crevette!!!, rouleau à l’avocat, avocat en rouleau, riz frit, salade d’algues, etc.).

On a joué à «devine c’est quoi le plat». Des heures de plaisir! Enfin… une heure environ. Parce que puisqu’il n’y avait plus de tables de libre autour du petit tapis roulant, ils nous ont concocté une place spécialement pour nous, tout au bout du convoyeur. Je rappelle au passage que nous nous trouvions dans un centre d’achat… Dans le «passage» du centre d’achat justement. D’un côté, nous avions donc les «mets chinois» qui couraient sur le tapis et de l’autre, les clients qui couraient dans les boutiques. 🙂

Le lendemain soir, on a opté pour l’ambiance «Taverne tchèque». Le Lonely Planet suggérait Kolkovna, «propriété de la brasserie Pilsner Urquell, version moderne du bar à bière praguois…» C’était plein à craquer, ce qui est parfois bon signe, parfois signe que l’opération «lobbying» du proprio auprès des guides de voyage a bien fonctionné. Tout dépend du ratio «touristes / locaux», qui devait être 50-50 chez Kolkovna. Verdict: c’était très bon. Mais ô combien bruyant!

Personnellement, ça ne m’a pas trop dérangée. Contrairement à certains soirs, je n’avais pas de besoins particuliers en terme d’ambiances. Mais M. Paul aurait souhaité un peu plus de calme. Il faut dire que le groupe de jeunes Tchèques saouls – visiblement très «près» du proprio ou du gérant – qui étaient assis en diagonal de M. Paul prenaient un malin (voire mesquin) plaisir à observer l’impact que leurs cris hauts en décibels pouvaient avoir sur la foule présente. Je crois avoir compris que le but de leur jeu était d’arriver à faire sursauter la personne assise tout au fond du restaurant… Ils y sont presque arrivés.

Samedi, on a décidé d’essayer un Indien. Nous en avions aperçu plusieurs dans la ville et LP en suggérait quelques-uns, soulignant que ce type de cuisine était en pleine expansion à Prague. Mais mon instinct m’a poussée à chercher un peu sur le Web.

Et… merci TripAdvisor! Les critiques que j’y ai lues m’ont fait oublier toutes les suggestions du guide et on s’est plutôt dirigés vers un coin de la ville qu’on n’avait pas encore visité pour se rendre au restaurant Masala. Wow. Re-Wow. Re-re-Wow.

Je crois que M. Paul se demande encore lequel de ce restaurant ou de celui où nous sommes allés à Londres, réputée pour ses tables indiennes, est le meilleur… Pour ma part, c’est définitivement celui-ci:
1- C’était tranquille. Après la soirée de la veille, la valeur de ce calme se voyait décuplée.
2- La serveuse était vraiment adorable.
3- Le Nan était chaud, tendre au centre, croustillant autour, pas trop huileux.
4- Mes crevettes tandoori étaient… meilleures que tous les mets tandoori que j’ai mangés dans ma vie.
5- Les samossas: faits maison.  
6- L’agneau de M. Paul, tout tendre.
7- Le riz légèrement parfumé…
8- Les légumes étaient frais et croustillants
9- Le vin tchèque suggéré par la charmante serveuse était délicieux.
10- L’extase.
Il faut dire que je venais d’offrir à mon corps un massage tchèque et que, complètement «relax», j’avais les sens au vif!. La preuve, c’est l’effet que le petit morceau (une moitié du tiers d’un ongle de petit doigt d’enfant) de piment fort que j’ai mangé a eu sur moi. Ouch! Je me suis «paquetée» la bouche de pain Nan pour éteindre le feu qui la dévorait. Selon M. Paul, qui rigolait bien de me voir, mon visage était aussi rouge que les morceaux de tomates qui décoraient notre salade!

Samossas et crevettes Tandoori du Masala de Prague... Mmmmm!

Samossas et crevettes Tandoori du Masala de Prague... Mmmmm!

Le dimanche, soir de notre dernier souper, nous nous sommes promenés un peu dans le coin de la station Müstek pour trouver un resto «par nous même», sous l’impulsion du moment. La pluie nous ayant concédé un petit moment de répit, cette marche «sèche» était d’autant plus agréable. On a regardé quelques menus, jeté des coups d’oeil par les fenêtres pour tenter de déceler les ambiances, puis on est entrés au Monarch, dont l’ambiance cosy nous plaisait.

Une fois installés, en parcourant «sérieusement» le menu, j’ai toutefois eu un doute… M. Paul aussi. La grande variété des plats proposés laissait planer une impression de «n’importe quoi». La notion de spécialités diverses dont nous avions bien ri à Bruxelles aurait été appropriée.

Notre doute a – à notre grand plaisir – débuté sa chute libre dès l’arrivée du pain. D’une fraîcheur parisienne et d’un goût particulier particulièrement bon. Le vin de Moldavie: excellent! Le boeuf de M. Paul: juste à point et tendre à souhait. Ma salade: croquante, fraîche et savoureuse et le fromage tchèque avait un p’tit goût de «r’venez-y». Une autre belle trouvaille!

Entre ces copieux soupers, les midis et les après-midis, nous avons bien sûr pris bien soin de nos sens en les stimulant avec:

1- les trdelniks (qui, à première vue, semble être une spécialité plus «touristique» que «locale»… mais je me trompe peut-être :)), qu’on peut se procurer dans les petits kiosques de rue…

Les Trdelnik, une pâte cuite au feu de bois puis trempée dans le sucre et la cannelle.

Les Trdelnik, une pâte cuite au feu de bois puis trempée dans le sucre et la cannelle.

2- …un excellent gâteau aux carottes dans un petit café du Château de Prague…

Croqué sur le vif... avant la dernière bouchée!

Croqué sur le vif... avant la dernière bouchée!

3- …la fameuse goulash et ses knedliky…

Les knedliky, c'est comme une sorte d'éponge culinaire. La capacité d'absorption de ces galettes est impressionnante! Vileda a peut-être une piste pour un chiffon révolutionnaire!

Les knedliky, c'est comme une sorte d'éponge culinaire. La capacité d'absorption de ces galettes est impressionnante! Vileda a peut-être une piste pour un chiffon révolutionnaire!

4- …le «chou», qui se glisse pas mal partout…

Chaud, sucré, vinaigré et pâteux ;-)

Chaud, sucré, vinaigré et pâteux 😉

Nous n’avons toutefois pas essayé la «Bogemian COUISINE» par manque d’espace stomacal, entre autres 🙂 :

La couisine bohémienne, deux fois plus savoureuse que la cuisine :)

La couisine bohémienne, deux fois plus savoureuse que la cuisine 🙂

Ni le restaurant du Père Noël d’ailleurs:

La crise frappe tout le monde... Le vieillard à barbe blanche a dû se trouver un job d'été...

La crise frappe tout le monde... Le vieillard à barbe blanche a dû se trouver un job d'été...

Cela dit, c’est clair que les Tchèques cultivent l’art de bien manger (et de bien nourrir). À tel point qu’ils tranchent même leurs saucissons en forme de coeur:

Une belle façon de dire «Moi j'aime les saucissons»!

Une belle façon de dire «Moi j'aime les saucissons»!

Et on les comprend! Notre expérience gastronomique tchèque ne fut pas totalement tchèque et pas du tout japonaise, mais somme toute… fort agréable (quoi que dure sur le coeur… et la ligne, quand même…)!

 P.S. Dernière chose! Souvent, sur les tables des restos, ils mettent une petite fleur toute mignonne. Simple décoration, à première vue. 
Mais M. Paul et moi, curieux de nature, sommes passés à l’étape de la «deuxième vue». Et nous avons été rapidement intrigués par un détail non négligeable: au coeur de cette fleur est confortablement installé un «p’tit ami» en méditation. Un cousin éloigné de E.T. ou, peut-être, de Yoda, les oreilles en moins:

Chuuuuuuuuut!

Chuuuuuuuuut!


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