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Visite de Prague «à la MissK»

En voyage, on a tous nos petites manies. Certains s’obstinent à suivre à la lettre les recommandations de guides, qu’ils soient en papier, en pixels ou en chair et en os, alors que d’autres s’obstinent à NE PAS suivre les recommandations de ces mêmes guides. Il y en a aussi qui ne jurent que par les bureaux d’infos touristiques. Les bars, quand on parle la langue du pays, deviennent également une source de conseils intarissables, pour autant qu’on les note ou que l’alcool n’altère pas notre mémoire.

Moi, je fais partie de ceux qui aiment bien s’informer sur la ville – festivals, musées et cinémas en priorité! – avant d’y mettre les pieds avec des guides en papiers, en pixels et en chair et en os… mais j’apprécie encore plus, sur place, me perdre dans les rues pour être surprise.

C’est ainsi qu’à Séville, on est tombés par hasard sur la pension Fabiola, au fin fond d’un cul-de-sac… l’endroit le plus sympa où on a couché lors de notre première visite en Espagne il y a maintenant 6 ans!

Ou qu’à Hawaii, on a trouvé: mon vin californien préféré (Pepi – Sangiovese) – une seule bouteille dans tout le supermarché! Placée avec les vins blancs en plus… un vrai miracle!- et un resto de sushis à tapis roulant – le seul qu’on ait vu sur les trois îles visitées – dans un rayon de 20 pas. On a d’ailleurs pu unir les deux, le vin et les sushis, grâce à la gentillesse de la jeune serveuse qui, moyennant un demi-verre de vin, nous a laissé boire notre bouteille en mangeant, même si ce n’était pas vraiment (ou vraiment pas) dans les habitudes (et les droits) de la maison…

Genki Sushis, sur l'île de Kauai à Hawaii

Genki Sushis, sur l'île de Kauai à Hawaii

Le tapis du Genki...

Le tapis du Genki...

Au Genki avec le Pepi... bourrés à la française et à la québécoise... et heureux! :-)

Au Genki avec le Pepi... bourrés à la française et à la québécoise... et heureux! 🙂

Mmmm… Que de bons souvenirs! Cela dit, ça arrive aussi que j’accroche sur un truc lorsque je fais mes recherches préliminaires. Dans le cas de Prague, en lisant, j’ai eu une attaque Cernyaque, et je me suis créé mon musée en me donnant pour mandat de voir chacune des oeuvres de l’artiste David Černý posées dans la ville. Un musée de plusieurs kilomètres donc!

David Černý s’est fait remarquer pour la première fois en 1991, année lors de laquelle il décida de peindre en rose le char symbolisant la libération de Prague par l’Armée rouge. Ce fut son passeport pour la prison… et pour une réputation d’artiste «controversé». Controversé? Audacieux? Culotté? Rigolo? Ce type de jugement dépend tellement de «l’histoire» qui s’est gravée – volontairement ou de force – dans les mémoires, les tissus et les organes de la personne qui regarde l’oeuvre!

Moi, heureusement ou malheureusement, je n’ai jamais vécu sous un régime communiste, je n’étais pas là, lors de la manifestation du 17 novembre 1989 et je n’étais pas encore née lors du Printemps de Prague (expression qui représente pour moi tout autant un festival de musique que les 8-9 premiers mois de 1968..) et du régime qui le précéda. Ma façon de voir l’oeuvre de Černý n’est donc pas gorgée de bons ou de mauvais souvenirs, elle n’est ni idéologique ni politique. Elle est purement nord-américaine. Purement artistique… «plastique». Je ne vois pas du tout la chose sous le même angle qu’un Tchèque, j’en suis persuadée. Ni sous le même angle que moi-même dans un futur plus ou moins rapproché, d’ailleurs. Je donne une tout autre dimension à cette oeuvre, comme un enfant qui voit les volcans comme «des montagnes qui font ATCHOUM» (Voir PetitMonde) ou un nez qui coule comme un «nez qui pleure» (voir Educatout). C’est comme ça que j’aime voir les oeuvres d’art. Et la littérature.

Je crois que par respect pour un artiste, pour son oeuvre, il est important de s’informer sur son histoire, sa démarche, ses intentions (lorsqu’il en a). Mais après, ce que je trouve magnifique, c’est de laisser s’exprimer l’oeuvre en toute naïveté. Dans des millions de directions.  De l’enrichir de mille et une émotions, mille et une «significations», mille et une résonnances.

Alors voilà pourquoi je suis curieuse de savoir ce que VOUS, vous en pensez. Vos réflexions, vos impressions m’intéressent! Je vous propose de regarder, de ressentir et de commenter. Parce que maintenant, je vous emmène en ballade visuelle à travers ses installations praguoises…  Tous les kilomètres que j’ai faits, je vous les offre sur un blogue d’argent, en photos.

Prêts? Allez hop! On part…

On commence en rose. Back in 1991…

Voici le fameux tank peint en rose qui lança la carrière de David Černý. Comme mon tchèque n’est pas à point et que je peux donc difficilement lire les documents et sites du pays sur le sujet, j’ai pu constater que les informations concernant cette oeuvre sur le Web sont aussi diversifiées que les opinions des gens sur la question… Difficile de mettre tous les morceaux du casse-tête en place…

Mais si j’ai bien compris, Černý a d’abord peint le tank en rose en 1991. Son geste rapidement condamné, Černý fut envoyé en prison et le char, repeint en vert par les autorités. Mais l’incident provoqua la colère de plusieurs parlementaires et certains d’entre eux entreprirent de le repeindre en rose! Leur immunité parlementaire les protégeant, ces derniers n’ont donc pas subi le même sort que Černý qui lui, fut relâché. Selon Lonely Planet, le char fut retiré et remplacé par une fontaine après que l’Union soviétique se soit plaint. Jusqu’à tout récemment, pour le voir, il fallait donc se rendre dans un musée à une quarantaine de kilomètres de Prague. Mais, comme en témoignent les deux photos ci-dessous, j’en ai vu des morceaux, juste à côté de la fameuse fontaine. Il semble qu’ils aient été rapatriés sur la Place Kinsky le 21 août 2008.

À n'en pas douter, c'est bien rose.

À n'en pas douter, c'est bien rose.

En plan plus rapproché.

En plan plus rapproché.

On poursuit avec l’oeuvre que je souhaitais le PLUS voir: Brownnosers. Située dans la cour de la Galerie Futura, dans un coin moins fréquenté par les touristes de la ville où les jeunes gens se trimballent dans la rue pinte de bière à la main les dimanches matins à 10h, l’installation géante permet de regarder une petite vidéo entre les fesses d’une statue. Le sujet de la vidéo? Le président tchèque et le directeur de la Galerie nationale se nourrissent mutuellement de bouillie!

Mais… pour une raison inconnue, la Galerie Futura n’était pas ouverte le jour de notre visite… Alors voici ce que j’ai pu voir à travers quelques fissures dans la porte…

Vue du premier trou...

Vue du premier trou...

Oh! Un deuxième trou...

Oh! Un deuxième trou...

En désespoir de cause... à plat ventre pour voir sous la porte...!

En désespoir de cause... à plat ventre pour voir sous la porte...!

Pour voir l’installation en photo et bien comprendre l’expression «avoir [une] tête dans le cul», visitez le site officiel de David Černý, donc…

Quo Vadis, qui se trouve dans le jardin de l’ambassade d’Allemagne, est un Trabant (voiture -Allemagne de l’Est) sur quatre pattes (quatre jambes humaines en fait…). L’oeuvre désirerait rappeler l’exode des citoyens de l’ancienne République démocratique allemande en 1989.

On ne voit pas bien, mais c'est quand même assez imposant.

On ne voit pas bien, mais c'est quand même assez imposant.

Viselec (Hanging Out), c’est un homme barbu à lunettes (souvent comparé à Sigmund Freud) qui se tient d’une main au-dessus de la rue Husova.

On a vraiment failli le manquer...

On a vraiment failli le manquer...

...parce qu'il est haut!

...parce qu'il est haut!

Kun (Cheval) se trouve tout près de sa «vraie version», place Vanceslas:

La version «Place Vanceslas»...

La version «Place Vanceslas»...

La version de Černý, représente Saint Vanceslas chevauchant un cheval mort:

Et celle de Černý.

Et celle de Černý.

Miminka (maman), ce sont les fameux bébés géants qui grimpent (gaiement?) sur la Tour de la télévision. Ce qui est identifié comme étant des fentes pour les pièces de monnaies remplace leur visage.

Les petits bébés grimpent vraiment partout!

Les petits bébés grimpent vraiment partout!

De plus près...

De plus près...

Et certains se sont évadés au Musée Kampa... À droite, le visage en «trou pour la monnaie»...

Et certains se sont évadés au Musée Kampa... À droite, le visage en «trou pour la monnaie»...

Et je termine avec Proudy (Cours d’eau). Ici, on peut voir deux hommes qui urinent «non-stop», comme on dit ici, dans une flaque de pipi (eau) dont la forme rappelle clairement République Tchèque. Et… la statue bouge! Leurs pénis montent et descendent (je leur ai donné un p’tit coup de main comme vous pouvez voir…) pour écrire des citations de résidents tchèques reconnus. J’ai probablement d’ailleurs changé quelques phrases avec mon «aide»… 😛

Il y a comme une thématique «pipi» dans mes derniers voyages... Les Pis de Bruxelles, le monsieur tout nu de Donastio et là...

Il y a comme une thématique «pipi» dans mes derniers voyages... Les Pis de Bruxelles, le monsieur tout nu de San Sebastian et là...

Je voulais qu'il écrive mon nom... ;-)

Je voulais qu'il écrive mon nom... 😉

Alors? Vous avez apprécié la p’tite visite?

Plaisirs (d’autres) sens… toujours chez les Tchèques!

Mon corps se plaint ces temps-ci. Il me rappelle sensoriellement qu’au Québec, je l’emmenais souvent dans ces endroits où, inerte sur une planche blanche, il se faisait pétrir comme un pain. Petit noeud qui pousse ici, gros point de douleur qui émerge là, craquements, raideurs… il use de tous les moyens pour exprimer sa désapprobation.

J’ai beau lui répéter (subtilement, en chuchotant et uniquement quand je suis seule, rassurez-vous) que les tarifs des massages parisiens que j’ai vus n’ont rien à voir avec les tarifs canadiens… et qu’après tout, je ne le pousse pas «à fond la caisse» comme je le faisais «à la maison»… Du haut de ses 31 ans, il s’entête.

J’étais donc ravie quand j’ai vu les tarifs des massages de l’hôtel tchèque où M. Paul et moi logions le week-end dernier. À mi-chemin entre la Chine – où j’ai payé mon massage 20 dollars canadiens – et le Canada où je déboursais 63$ pour un massage à mon goût.

Parce que je suis difficile… j’ai essayé beaucoup d’endroits avant de trouver MES places. Avis aux intéressés, hormis les classiques que tout le monde connaît, j’adorais le Centre Sequoia, qui était à quelques coins de rue de chez moi quand j’habitais sur Chabot.

Donc un massage tchèque de une heure = 710 couronnes tchèques, soit 44 dollars canadiens. Presque le tiers du tarif français, si on calcule que 80 euros (ce qui est pas mal le moins cher) équivaut à 129 dollars canadiens!

Une aubaine à côté de laquelle je ne pouvais passer. Mon corps ne me l’aurait pas pardonné.
Avant de quitter l’hôtel, samedi matin, nous nous sommes donc dirigés vers la réception du Spa – indépendant de l’hôtel «paperassement parlant» mais à l’intérieur de celle-ci, «spatialement parlant» – pour prendre rendez-vous.

L’idée était de me faire masser vers 17h30, avant de ressortir souper le soir même ou encore de reporter le pétrissement corporel au lendemain matin, première heure, avant d’entamer la journée. L’hôtel étant à deux stations de métro du centre-ville, le concept d’y revenir avant de souper n’était pas idéal, mais comme il pleuvait… il s’avérait «acceptable».

La jeune fille à la réception était – comment dire – inexpressive. J’ai mis ça sur le compte de sa difficulté à parler anglais. Selon moi, son énergie était concentrée sur la recherche des mots; mobilisant du coup toutes ses forces, et empêchant donc les muscles de son visage de se contracter en sourire.

(Voici la traduction libre de notre conversation en anglais)
Karine: 🙂 Bonjour! 🙂
Réceptionniste: Bonjour…
Karine: Je voudrais un rendez-vous pour un massage. Comment est-ce que ça fonctionne?
Réceptionniste: Quand?
Karine: Avez-vous de la place ce soir?
Réceptionniste: Entre 10h30 et 23h, c’est libre.
Karine: Ah, chouette! J’aimerais 17h30 – 17h30, M. Paul, ça t’irait? (signe de tête de M. Paul) – Oui, mademoiselle, 17h30.
Réceptionniste: Alors ce serait juste une demi-heure, alors.
Karine: Ah? Et à 18h, je pourrais avoir une heure?
Réceptionniste: Oui.
Karine: Ah, bon,,,
Réceptionniste: Homme ou femme?
Karine: Idéalement un homme, mais sinon, pas grave. En fait, je voudrais un massage en profondeur. Pas seulement de relaxation. Alors, je prendrais la personne spécialisée dans ce type de massage.
Réceptionniste: ??????
Karine: Vos masseurs n’ont pas de spécialités?
Réceptionniste: Vous lui direz ce que vous voulez.
Karine: Ah, ok… Ben… Merci.

On sort.
M. Paul: C’est pas un peu bizarre? T’es sûre que c’est une place OK. Tu sais, la prostitution est légale dans des pays pas ben loin…
Karine: Oh! C’est «ordinaire», mais c’est lié à l’hôtel… Ça m’étonnerait. Mais là, tu m’énerves avec tes réflexions! Je suis plus sûre de rien…!
Le doute s’est donc faufilé dans mes pensées tout au long de la journée. Ah, pis merde, j’y vais. Ah, pis non, j’y vais pas. Ah, pis ça peut pas être si pire. Ouin mais…

Finalement, «at the end of the day», j’y suis allée.

À 18h, il y avait déjà plus d’activité dans le spa. Quelques clientes «jeunes et dynamiques», ce qui augurait quand même… euh… bien.

Le masseur est venu me chercher, on est entrés dans sa salle et il m’a demandé dans un anglais dont l’accent était aussi prédominant que le nez de Cyrano:
Masseur: Vous voulez un massage, ou…
Karine: Euh… oui, un massage. Bien en profondeur. Vous verrez, au Québec j’avais l’habitude d’y aller régulièrement et là, comme ça fait plusieurs mois, des noeuds se sont formés un peu partout le long de ma colonne.. N’hésitez pas à peser fort!
Masseur: D’accord. Je sors. Déshabillez-vous, installez-vous et je reviens dans deux minutes.

Pas plus de questions. Pas de formulaire médical Niet. Je n’étais pas stressée, en fait je trouvais ça rigolo… Mais la théorie de M. Paul était bien ancrée dans ma tête!

Docile comme un agneau en route vers le méchoui, je me suis donc déshabillée et installée sur sa planche blanche. Puis il est revenu me pétrir.

L’atmosphère était un peu bruyant, mais il a tout de suite mis de la musique, qui s’est chargée de tout enterrer galamment. Et devinez quoi??? La première toune était… une toune de Céline! All by myself pour ne pas la nommer (mais l’écrire). Je suis sûre que c’était pour «faire plaisir» à la Québécoise que je suis. Quelle attention, quand même! Et sinon… quelle coïncidence!

Isabelle, j’ai pensé à toi. Xavier aussi.

Et cette pièce fut suivie d’une série… de plaisirs coupables! Madonna, Cindy Lauper, Billy Joel… Je ne me suis jamais fait masser sur ce genre de musique… et c’était SUPER 🙂

Aussi, dès le début (sur All by myself, je vous le rappelle), il a analysé mon corps, m’a posé des questions sur mon dos, mon pied difforme (eh, oui!)… Puis il a attaqué. Et… quelle attaque! Sans trop d’huile en plus, ce qui est rare! Ça faisait mal, mais c’était PARFAIT. On aurait dit que ses mains dialoguaient avec mon corps comme deux vieux copains.
Masseur: Is it OK? Not too hard?
Karine: It hurts but it’s good.
Sitôt ces paroles prononcées, j’ai repensé à la théorie de M. Paul et… j’ai dû contenir un gros fou rire!!! «Ça fait mal, mais c’est boooooooooon!»

À la fin du massage, il a passé une serviette partout où il m’avait huilée pour enlever le surplus. Vraiment mon genre de masseur! J’haïs tellement ça être glissante comme une pelure de bananes de cartoons!

Certaines copines m’ont suggéré de pousser l’enquête plus loin pour que je sois sûre sûre sûre que les masseurs tchèques sont tous aussi excellents. J’y ai songé, mais je manquais de temps.

Cela dit, je pense que je pourrais entamer des recherches mondiales… et tester les massages à travers le monde. Bon, peut-être à l’exception de quelques pays dont M. Paul et moi dresserions la liste… Mais… j’y songe… j’y songe… 🙂

Plaisirs des sens chez les Tchèques

Le jour de notre arrivée à Prague, pour le lunch, on a mangé de la pizza à la Piazzetta du Palladium.

C’est là que je l’ai aperçu. En fait, mes antennes l’ont d’abord «perçu» de loin et m’ont mise sur le «qui-vive». Je sentais sa présence et le cherchais du regard. Mais c’est en me rendant aux toilettes, situées à l’autre bout de l’étage, que je l’ai croisé. Je ne me suis pas arrêtée, pressée par ma vessie, mais mon regard est resté bien accroché sur lui. À m’en tordre le cou. Je ne regardais plus du tout où j’allais, complètement hypnotisée.

Je me souviens m’être demandé si le fait qu’il soit tchèque jouait en sa défaveur. Mais j’ai rapidement balayé cette pensée. Il fallait que je teste par moi-même. C’est plus fort que moi. Chaque fois que j’en vois un, faut je goûte. Surtout que celui-là avait deux étages!!
– M. Paul? On vient souper ici ce soir! T’as vu le tapis roulant à deux étages rempli de sushis???
– Ok… Mais des sushis ici… tu penses que ça va être bon? On est pas près de la mer…
– Oh, STP! On verra bien! Ça peut pas être si pire que ça! Non?
En fait, oui. Ça peut être «si pire que ça». On a eu du plaisir, ça s’est sûr. Nous oui, mais pas nos papilles.

Le nom du resto est Running Sushis. Un excellent choix de nom qui tire assurément son origine du fait que les sushis prennent leur jambe à leur cou et s’enfuient dès qu’ils sont déposés sur le convoyeur.

Résultat? Le choix de plats se limite quasiment à… des mets chinois (poulet à l’ananas, ailes de poulet à saveur de spareribs, masse suspecte frite, friture de friture frite, saumon, saumon sur riz, riz sur saumon, oh! une crevette!!!, rouleau à l’avocat, avocat en rouleau, riz frit, salade d’algues, etc.).

On a joué à «devine c’est quoi le plat». Des heures de plaisir! Enfin… une heure environ. Parce que puisqu’il n’y avait plus de tables de libre autour du petit tapis roulant, ils nous ont concocté une place spécialement pour nous, tout au bout du convoyeur. Je rappelle au passage que nous nous trouvions dans un centre d’achat… Dans le «passage» du centre d’achat justement. D’un côté, nous avions donc les «mets chinois» qui couraient sur le tapis et de l’autre, les clients qui couraient dans les boutiques. 🙂

Le lendemain soir, on a opté pour l’ambiance «Taverne tchèque». Le Lonely Planet suggérait Kolkovna, «propriété de la brasserie Pilsner Urquell, version moderne du bar à bière praguois…» C’était plein à craquer, ce qui est parfois bon signe, parfois signe que l’opération «lobbying» du proprio auprès des guides de voyage a bien fonctionné. Tout dépend du ratio «touristes / locaux», qui devait être 50-50 chez Kolkovna. Verdict: c’était très bon. Mais ô combien bruyant!

Personnellement, ça ne m’a pas trop dérangée. Contrairement à certains soirs, je n’avais pas de besoins particuliers en terme d’ambiances. Mais M. Paul aurait souhaité un peu plus de calme. Il faut dire que le groupe de jeunes Tchèques saouls – visiblement très «près» du proprio ou du gérant – qui étaient assis en diagonal de M. Paul prenaient un malin (voire mesquin) plaisir à observer l’impact que leurs cris hauts en décibels pouvaient avoir sur la foule présente. Je crois avoir compris que le but de leur jeu était d’arriver à faire sursauter la personne assise tout au fond du restaurant… Ils y sont presque arrivés.

Samedi, on a décidé d’essayer un Indien. Nous en avions aperçu plusieurs dans la ville et LP en suggérait quelques-uns, soulignant que ce type de cuisine était en pleine expansion à Prague. Mais mon instinct m’a poussée à chercher un peu sur le Web.

Et… merci TripAdvisor! Les critiques que j’y ai lues m’ont fait oublier toutes les suggestions du guide et on s’est plutôt dirigés vers un coin de la ville qu’on n’avait pas encore visité pour se rendre au restaurant Masala. Wow. Re-Wow. Re-re-Wow.

Je crois que M. Paul se demande encore lequel de ce restaurant ou de celui où nous sommes allés à Londres, réputée pour ses tables indiennes, est le meilleur… Pour ma part, c’est définitivement celui-ci:
1- C’était tranquille. Après la soirée de la veille, la valeur de ce calme se voyait décuplée.
2- La serveuse était vraiment adorable.
3- Le Nan était chaud, tendre au centre, croustillant autour, pas trop huileux.
4- Mes crevettes tandoori étaient… meilleures que tous les mets tandoori que j’ai mangés dans ma vie.
5- Les samossas: faits maison.  
6- L’agneau de M. Paul, tout tendre.
7- Le riz légèrement parfumé…
8- Les légumes étaient frais et croustillants
9- Le vin tchèque suggéré par la charmante serveuse était délicieux.
10- L’extase.
Il faut dire que je venais d’offrir à mon corps un massage tchèque et que, complètement «relax», j’avais les sens au vif!. La preuve, c’est l’effet que le petit morceau (une moitié du tiers d’un ongle de petit doigt d’enfant) de piment fort que j’ai mangé a eu sur moi. Ouch! Je me suis «paquetée» la bouche de pain Nan pour éteindre le feu qui la dévorait. Selon M. Paul, qui rigolait bien de me voir, mon visage était aussi rouge que les morceaux de tomates qui décoraient notre salade!

Samossas et crevettes Tandoori du Masala de Prague... Mmmmm!

Samossas et crevettes Tandoori du Masala de Prague... Mmmmm!

Le dimanche, soir de notre dernier souper, nous nous sommes promenés un peu dans le coin de la station Müstek pour trouver un resto «par nous même», sous l’impulsion du moment. La pluie nous ayant concédé un petit moment de répit, cette marche «sèche» était d’autant plus agréable. On a regardé quelques menus, jeté des coups d’oeil par les fenêtres pour tenter de déceler les ambiances, puis on est entrés au Monarch, dont l’ambiance cosy nous plaisait.

Une fois installés, en parcourant «sérieusement» le menu, j’ai toutefois eu un doute… M. Paul aussi. La grande variété des plats proposés laissait planer une impression de «n’importe quoi». La notion de spécialités diverses dont nous avions bien ri à Bruxelles aurait été appropriée.

Notre doute a – à notre grand plaisir – débuté sa chute libre dès l’arrivée du pain. D’une fraîcheur parisienne et d’un goût particulier particulièrement bon. Le vin de Moldavie: excellent! Le boeuf de M. Paul: juste à point et tendre à souhait. Ma salade: croquante, fraîche et savoureuse et le fromage tchèque avait un p’tit goût de «r’venez-y». Une autre belle trouvaille!

Entre ces copieux soupers, les midis et les après-midis, nous avons bien sûr pris bien soin de nos sens en les stimulant avec:

1- les trdelniks (qui, à première vue, semble être une spécialité plus «touristique» que «locale»… mais je me trompe peut-être :)), qu’on peut se procurer dans les petits kiosques de rue…

Les Trdelnik, une pâte cuite au feu de bois puis trempée dans le sucre et la cannelle.

Les Trdelnik, une pâte cuite au feu de bois puis trempée dans le sucre et la cannelle.

2- …un excellent gâteau aux carottes dans un petit café du Château de Prague…

Croqué sur le vif... avant la dernière bouchée!

Croqué sur le vif... avant la dernière bouchée!

3- …la fameuse goulash et ses knedliky…

Les knedliky, c'est comme une sorte d'éponge culinaire. La capacité d'absorption de ces galettes est impressionnante! Vileda a peut-être une piste pour un chiffon révolutionnaire!

Les knedliky, c'est comme une sorte d'éponge culinaire. La capacité d'absorption de ces galettes est impressionnante! Vileda a peut-être une piste pour un chiffon révolutionnaire!

4- …le «chou», qui se glisse pas mal partout…

Chaud, sucré, vinaigré et pâteux ;-)

Chaud, sucré, vinaigré et pâteux 😉

Nous n’avons toutefois pas essayé la «Bogemian COUISINE» par manque d’espace stomacal, entre autres 🙂 :

La couisine bohémienne, deux fois plus savoureuse que la cuisine :)

La couisine bohémienne, deux fois plus savoureuse que la cuisine 🙂

Ni le restaurant du Père Noël d’ailleurs:

La crise frappe tout le monde... Le vieillard à barbe blanche a dû se trouver un job d'été...

La crise frappe tout le monde... Le vieillard à barbe blanche a dû se trouver un job d'été...

Cela dit, c’est clair que les Tchèques cultivent l’art de bien manger (et de bien nourrir). À tel point qu’ils tranchent même leurs saucissons en forme de coeur:

Une belle façon de dire «Moi j'aime les saucissons»!

Une belle façon de dire «Moi j'aime les saucissons»!

Et on les comprend! Notre expérience gastronomique tchèque ne fut pas totalement tchèque et pas du tout japonaise, mais somme toute… fort agréable (quoi que dure sur le coeur… et la ligne, quand même…)!

 P.S. Dernière chose! Souvent, sur les tables des restos, ils mettent une petite fleur toute mignonne. Simple décoration, à première vue. 
Mais M. Paul et moi, curieux de nature, sommes passés à l’étape de la «deuxième vue». Et nous avons été rapidement intrigués par un détail non négligeable: au coeur de cette fleur est confortablement installé un «p’tit ami» en méditation. Un cousin éloigné de E.T. ou, peut-être, de Yoda, les oreilles en moins:

Chuuuuuuuuut!

Chuuuuuuuuut!

Il m’eut plu qu’il eût moins plu…

On est arrivés à Prague hier en même temps qu’une autre grande voyageuse qui semble suivre sensiblement le même itinéraire que nous depuis quelques mois: la pluie.

Et si sa force est proportionnelle à son amour pour les villes qu’elle visite, je crois qu’elle aime vraiment beaucoup Prague. Une passion sans précédent qu’elle arrive parfois à «maîtriser», mais qui est ponctuée de débordements émotifs comme celui de 1342 qui mit la Vltava en crue. Une crue dont la violence détruisit le pont Judith, l’ancêtre du célèbre Pont Charles. Ou celui d’août 2002 qui inonda plusieurs quartiers dont Malà Strana l’un des quartiers les plus chargés d’histoire à Prague.

Bref, la pluie a fait une surprise à sa ville chérie hier encore, et à M. Paul et moi, par la force des choses. Une belle surprise bien intense. Nous étions dans un coin pas mal touristique de la ville et on s’est d’abord réfugié dans un café où nos deux allongés ont coûté sensiblement le même prix que notre repas du midi à la Piazzetta, qui comprenait soupe, pizza, jus, bière et vin.

Nous nous sommes donc contentés d’un seul café chacun, malgré le refus de la pluie d’abdiquer, et nous sommes entrés dans une petite église bien cachée dans une cour intérieure, à quelques portes. Notre-Dame de Tin. Une belle église. On a pris le temps de lire, grosso modo son histoire, de faire le tour tranquillement, mais à l’envers… ce qui m’a intriguée… je ne comprends d’ailleurs toujours pas. Jésus s’est fait crucifié avant même d’être arrêté dans le sens où on nous fait faire le tour des tableaux illustrant le chemin de croix.

Nous avons aussi pris le temps de bien examiner chacun des vitraux… qui doivent être magnifiques lorsque le soleil les traverse de ses rayons! Puis nous sommes revenus à l’entrée. Peu de gens visitaient  l’église, la plupart se trouvant probablement à l’abri dans des cafés. Parce que la pluie ne lâchait pas le morceau.

Nous avons décidé d’attendre qu’elle diminue un peu pour courir de ce point A à un éventuel point B dont la principale caractéristique recherchée était un «toit». Mais après à peine 3 minutes d’attente, M. le curé est venu nous demander de sortir, faisant un «wouch wouch» des mains. Il a dû comprendre rapidement qu’il n’aurait pour seule réponse deux paires d’yeux intriguées s’il nous demandait «Je vous prierais de bien vouloir sortir, SVP» en tchèque…

J’aurais compris – et en fait nous serions probablement déjà sortis – si l’affluence avait été importante et si, par exemple, nous avions gêné l’entrée. Mais nous étions simplement là, à attendre sans faire de bruit, aux limites du perron de l’église. Tout petits et tout trempés.

Nous sommes quand même sortis affronter le déluge, mais à ce moment précis, j’aurais bien aimé savoir dire «Et la «charité chrétienne»?» en tchèque… Juste pour voir…

Mais mon tchèque n’est pas au point. Nous sommes donc allés noyer notre peine dans un bar. Pendant que la pluie continuait de noyer la ville.

«Il a tant plu qu’on ne sait plus dans quel pays il a le plus plu, mais il m’eut plu qu’il eût moins plu», répétait-on dans mes cours de diction. Avis à mes ex-copains du cours: c’est en Répubique Tchèque, plus précisément à Prague qu’il a le plus plu, je pense…

P.S. Au fait… ce texte ne se veut aucunement une prise de position. Enfin. Une prise de position météorologique, peut-être… mais pas religieuse, ça c’est sûr! 😉

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