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Plus jamais sans mes lunettes (roses)

Vous le savez, tout au long de l’année dernière, j’ai parcouru/découvert/apprécié/ quelques villes européennes. Elles étaient toutes magnifiques, chacune à sa façon.

Pour chaque nouvelle ville, avant de partir, j’ai pris soin de m’informer, d’acheter des guides, de googler pour trouver des blogues d’«expats» qui avaient déjà assez défriché ces endroits pour m’en faire découvrir un deuxième degré d’attraits… Pour chacune des destinations visitées, j’ai mis mes lunettes (roses) de touriste (mais pas-de-sandales-bas-blancs) et ai apprécié, goûté, savouré, les moindres (ainsi que les non moindres) détails.

Si je prends Barcelone, par exemple (Ahhhhhh! Barcelone!). J’y ai vu les grands classiques:

La Sagrada Familia d'Antoni Gaudí, à Barcelone

Le Parc Güell, Barcelone

Mais également des attraits plus méconnus. Souvent, ces derniers m’aparaissaient soudainement comme de belles surprises au détour d’une rue. Comme cette sculpture, croisée en rentrant de la plage.

David & Goliath d'Antoni Liena

Ou ce petit poisson du Canadien Frank Ghery – dont j’ai entre autres déjà parlé ici et ici – qui veille sur la plage de Barcelone:

Sans parler de ce sympathique cul géant, planté dans le parc de Carles I:

Ou encore cette façade Gaudiesque. N’est-elle pas magnifique lorsqu’elle revêt sa lumineuse robe de nuit:

De retour à Montréal depuis maintenant quelques mois, j’ai pris une importante décision: je ne sors (presque) plus sans mes lunettes (roses) de touriste. Même ici.

Résultat? De belles surprises montréalaises au détour de rues par lesquelles je suis pourtant passée maintes fois, jadis.

Comme l’église Saint-Edouard, à deux pas de mon nouveau chez-moi, qui m’a fait un clin d’oeil lumineux quand je suis rentrée hier soir.

Ou l’église Saint-Enfant-Jésus qui veille sur le Parc Lahaie, juste à côté de l’appartement où j’ai habité quelques mois. Ici envoûtée par la magie d’un soir de pleine lune.

À la mi-décembre, alors que je marchais vers un quelconque débit de boisson en compagnie de M. Paul (alors en visite dans son pays natal), nous avons eu droit à un magnifique spectacle de feux d’artifices au bout de la rue sur laquelle nous marchions.

L’an passé, je vous avais aussi parlé de ces murales, qu’on retrouve un peu partout dans Montréal. J’ai bien hâte de découvrir les «crus 2010» et celles que je n’ai pas encore vues:

 

J’espère ne jamais égarer mes lunettes (roses). Parce que vraiment, j’adore les surprises!

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J’craque pour toi, Mamika!

Je suis en train de travailler. Enfin. D’essayer de travailler. C’est toujours comme ça quand je suis en phase «recherche» pour mes articles. Je fais du coq à l’âne à l’éléphant à la fourmi à la poule de luxe à… Vous avez compris le concept: je m’égare. Me perds dans le Web. Clique sur un truc intéressant qui – oh, clic! – m’emmène vers un autre truc intéressant, puis un autre… Je me sens comme une espèce de Tom(e) Sayer(féminine) qui gambade dans la Toile…

Bref, je suis en train de travailler, mais à grands coups de clics, je viens de découvrir une initiative qui m’a émue, inspirée, fascinée et – surtout – fait rigoler: le projet Mamika de Sacha Goldberger.

Je cite le site sur lequel j’ai découvert cette superbe série de photos parce que je ne saurais mieux dire: «C’est l’histoire de Sacha, un petit-fils qui, pour sauver sa grand-mère de la dépression, a commencé à la prendre en photo. Des photos loufoques, voire un brin déjantées, qui ont tôt fait de ravir l’auguste grand-mère.» Je ne saurais mieux dire sinon en précisant que Sacha, qui a fait ses débuts en pub chez BBDO a 21 ans n’a visiblement pas perdu la twist de l’accroche dans ses projets artistiques!

Il y a un livre, Mamika, grande petite grand-mère, (Éditions Balland); une page Facebook; mais aussi -oh, joie pour moi! – une exposition à Paris que je me promets d’aller voir au cours des prochaines semaines (si les grévistes le veulent bien, je quitte pour la France ce samedi)!

Vous craquez aussi? Alors, je vous invite à visiter le site Web de Sacha pour entendre Mamika dire «Mon p’tit fils, il n’est pas seulement beau, mais il est aussi intelligent». Et  aussi pour découvrir ses projets antérieurs, qui sont également intéressants: un sur l’amour, un sur la rupture et un sur les nouveaux nés, entre autres.

Perso, j’aime bien sa série «Portraits» (cliquez sur «portraits» dans le menu du haut) et sa photo Mamika et Bob le poulet. Plusieurs de ses clichés me rappellent un peu l’oeuvre de David Lachapelle, probablement pour l’aspect «mise en scène».

Je vous en reparle après avoir vu l’expo. Mais là… je retourne travailler…!

 

J’ai plongé dans l’art à Roubaix!

Dans mon billet précédent, je vous parlais de l’expo «Un jardin de corazones» que je suis allée voir à la Piscine de Roubaix en 2009. Oui, vous avez bien lu. À la Piscine de Roubaix. Je me rappelle d’ailleurs parfaitement le moment où, dans un Marie-Claire – fraichement acheté au Relay du Metro Nation – j’ai vu le mini encadré. «AGATHA RUIZ DE LA PRADA!» ai-je crié à tue-tête (mais dans ma tête). Persuadée que l’expo se tenait à Paris, j’étais prête à m’y rendre le soir même. Woohoo! Puis (pouet pouet) j’ai vu que je lisais plutôt la page «À voir… Ailleurs en France».

Heureusement, le «ailleurs» en question (Roubaix, à côté de Lille) n’était (et est toujours) qu’à une heure de train de Paris. L’aller-retour se ferait facilement en une seule journée. Le dimanche suivant, par exemple. 😉

C’est ainsi qu’un bon dimanche(!), M. Paul et moi nous sommes retrouvés dans un train, en route vers Nord. La terre de mes aïeux. Eh oui! Selon les dires de mon arbre généalogique, j’aurais du Ch’ti derrière le pompon! Mon ancêtre serait d’ailleurs parti du pays des Ch’tis pour aboutir au pays de Fred Pellerin, Saint-Élie-de-Caxton. Ça me paraît logique…

Mais revenons à l’expo. Comme je le mentionnais quelques paragraphes plus haut, elle se tenait à la Piscine de Roubaix. P.I.S.C.I.N.E. J’avoue que je trouvais les Ch’tis pas mal effrontés de confiner ma chère Agatha aux vestiaires de leur piscine municipale!

C’est en faisant de rapides recherches pour voir où se situait cette fameuse piscine et quelles en étaient les heures d’ouverture, que j’ai compris. C’est que le Musée en question se trouve sur le site de l’ancienne piscine municipale de Roubaix. «Voilà qui explique tout, me suis-je alors dit. Ils ont simplement tout rebâti sur l’ancien site et hop! Lui ont refilé ce nom». Avec des conclusions aussi hâtives, je n’étais pas au bout de mes surprises 😉

Parce que le Musée est plutôt dans la construction originale. Où se trouve encore la piscine!

C’est d’ailleurs une expérience magnifique! Non seulement toutes les pièces de la collection permanente semblent être à leur place dans ce bâtiment art déco, mais la piscine donne une petite touche mi-solennelle mi-apaisante au lieu. Peut-être est-ce dû à l’écho propre aux piscines? Ou aux vertus calmantes de l’eau? Au fait qu’on ne peut traverser l’espace en plein centre (à moins de nager…), ce qui nous oblige à suivre un sens précis lors de la visite? À la douce lumière que laissent passer les vitraux?

Peu importe. Moi, ça m’a fait l’effet d’une petite oasis de calme artistique. Complément idéal à l’éclatante Agatha Ruiz de la Prada avec qui je venais de passer un très très beau moment dans la pièce adjacente réservée aux expos itinérantes.

Je vous ai donné envie d’une saucette? Allez! Je m’y replonge aussi:

De très jolies sculptures font la ronde autour de l'eau.

Les vitraux qui se reflètent dans l'eau contribuent à rendre l'ambiance fort chaleureuse.

Les toiles sont exposées dans de petites pièces à visiter tout le tour de la piscine, et ce, sur deux étages.

Tant qu’à faire le voyage Paris-Lille-Roubaix, nous en avons profité pour marcher dans la ville. Une ville que j’ai tout de suite aimée. Entre autres parce qu’elle a une librairie qui s’appelle Le Furet du Nord (qui tient son nom de la chasse aux lapins avec des furets – une tradition locale – et du fait que la première succursale ait repris les locaux d’un commerce de fourrures). 😉

Mais aussi pour son zoo gratuit, ses fromages, sa vieille bourse, ses petites rues, ses boutiques (fermées le dimanche, par contre)… Bref, pour le feeling général que j’ai ressenti en y mettant les pieds et en la découvrant.

Voici quelques bouchées photographiques, dont l’énorme surprise qui nous a sauté aux yeux lorsque nous avons foulé le sol de la ville:

Les bébés géants d'Europe XXL avaient envahi la rue Faidherbe pour quelques mois...

Une ville qui a une rue du Gros Gérard... ça ne peut qu'être une ville sympa 😉

Nous sommes allés manger au Vieux de la Vieille. Je pense que mon foie s'en rappelle encore: soupe aux maroilles, gratin de la Vieille, mousse aux Speculos... Copieux, mais délicieux 😉 Et l'équipe était super sympathique!

Même Mimi the Clown nous a salués à sa façon!

Mon coup de coeur, c'est le zoo! En plus, l'entrée est gratuite. Vous avez ici quelques uns des p'tits amis qui s'y trouvent (remarquez bien le «singe-Elvis») mais il y a vraiment beaucoup d'animaux et une belle section réservée aux p'tites bêtes exotiques.

Si vous envie de vivre une visite complète de la ville ou d’en savoir un peu plus sur Lille, je vous conseille d’aller faire un tour du côté d’Espadrilles & Champagne. Marie-Julie, Gina et moi y sommes allées 2 jours à la mi-mai et nous avons partagé toutes nos découvertes sur le blogue!

15km de marche au gros soleil… au nom de la Gehryfolie!

Samedi matin, tard. Je saute hors du lit. Toutes les fourmis parisiennes ont colonisé mes jambes pendant la nuit. Elles veulent connaître Gehry. Elles ont même pris soin de convoquer M. Soleil et Mme Mercure qui se sont tous deux mis sur leur 31. Étincelants! Chouette! Parce qu’on a rendez-vous à l’autre bout de la ville!

M. Paul, qui souhaite simplement profiter du beau temps, peu importe comment, n’est pas trop difficile à convaincre. Allez hop! Sophie Calle nous attend. Elle attend notre «COUCOU», en fait, dans le téléphone-fleur de Gehry.

La solution rapide (et facile) aurait été de prendre le métro. Mais vous connaissez la chanson de camp de Scouts et Jeannettes: «Les fourmis marchent une par une, hourra…. HOURRA! Les fourmis marchent une par une, hourra, HOURRA!…»? Les fourmis ne prennent pas le métro… J’ai donc convaincu M. Paul que marcher les 15km qui séparent notre charmant petit (lire «TRÈS petit») appartement du pont Garigliano ferait de notre journée une expérience inoubliable et ô combien agréable. Après tout, il fait beau, il fait chaud…. et on est à Paris! Que demander de plus? Une bière? Oui, on en a pris une Place de Catalogne, dans le 14e. En chemin…

On est donc partis de Place de la Nation vers 14h (oui, je suis sortie du lit VRAIMENT tard…) bien décidés à traverser la ville en quête d’une dose de Gehryisme. On est donc passé devant Gare de Lyon qui est tout de même plus sexy que notre terminus Berri-UQAM, à mon avis:

L'une des nombreuses gares de Paris...

L'une des nombreuses gares de Paris...

Un peu plus loin sur le boulevard Diderot et dans les rues avoisinantes, les policiers s’affairaient à bloquer la circulation aux voitures. Une voix amplifiée par un haut-parleur scandait des slogans solidaires dénonçant entre autres le travail le dimanche. C’est en arrivant sur le Pont d’Austerlitz qu’on a compris, comme ces quelques clichés en témoignent, que les participants à la journée de manifestations annoncée du 13 juin étaient rendus ici dans leur parcours:

La manif battait son plein près du Jardin des Plantes!

La manif battait son plein près du Jardin des Plantes!

On a donc piqué à travers le Jardin des Plantes, question d’essayer de les semer. Avec succès. Quelques rues plus loin (et une bière ingurgitée), la densité de population s’est avérée toutefois encore plus forte, nous bloquant dans notre élan. Non pas une nouvelle manifestation, mais plutôt une brocante. J’ai parlé à mes fourmis et d’un commun accord, on a ralenti un peu. De toute façon, M. Paul avait un petit creux. On est arrêtés à la fromagerie…

Voyez le beau comptoir de fromages... Mais il semble que ce ne soit pas ce dont M. Paul avait envie... Il devient gâté... ;-)

Voyez le beau comptoir de fromages... Mais il semble que ce ne soit pas ce dont M. Paul avait envie... Il devient gâté... 😉

…mais non. Ce n’était pas tout à fait ce dont il avait envie.On est donc allés à la boucherie, quelques rues plus loin. C’est là qu’il a trouvé son compte avec un espèce de chausson poulet, piments et tomates. Froid par contre. Il l’aurait préféré chaud… Cela dit, ça lui a donné l’énergie pour continuer jusqu’au pont.

L'homme avait l'âme carivore en ce 13 juin 2009...

L'homme avait l'âme carivore en ce 13 juin 2009...

Arrivée devant la «CHOSE», j’ai été un peu déçue par les graffiti. J’aurais souhaité que l’oeuvre de Gehry soit intacte. N’empêche, à mon goût de «fan», elle reste tout de même très jolie. Tant qu’à être sur place, j’ai attendu un bon moment, au cas où Sophie appellerait…

La cabine-fleur a poussé en plein centre du pont Garigliano.

La cabine-fleur a poussé en plein centre du pont Garigliano.

Sur le téléphone, un mot de l'artiste nous indique qu'elle seule connaît le numéro et qu'elle appellera de temps en temps...

Sur le téléphone, un mot de l'artiste nous indique qu'elle seule connaît le numéro et qu'elle appellera de temps en temps...

… en vain. Mais je me dis que ce n’est que partie remise. Après tout, l’artiste derrière l’exposition Prenez soin de vous, qui avait été un succès entre autres à Montréal, doit être très occupée avec ses installations actuelles et à venir, un peu partout à travers le monde (à Paris, entre autres, elle est de l’événement Elles@centrepompidou, artistes femmes dans les collections du Centre Pompidou)

Vous pouvez tout de même constater ma persévérance… Je ne lâche pas facilement le morceau… surtout après 15km de marche!

Allo? Y'a quelqu'un?

Allo? Y'a quelqu'un?

Sophie? Mlle Calle?

Sophie? Mlle Calle? Bon ben... on se reprend?

N’empêche, ce fut une autre superbe journée à classer précieusement et délicatement dans le petit tiroir de mon cerveau étiqueté «Vie parisienne, 2009-….». Avec une mention spéciale «Hommage aux fourmis».

La «Gehryfolie» de MissK (Attention: risque élevé de contagion)!

Parmi les petites joies que j’avais hâte de concrétiser à Prague, il y avait celle de voir «de mes yeux vu» l’immeuble dansant du Croate (architecte tchèque d’origine Croate selon Wikipedia) Vlado Milunić et du Canadien (Américain(!!!) selon Lonely Planet et «professeur américano-canadien d’architecture à l’Université Yale né le 28 février 1929 à Toronto» selon Wikipedia) Frank Gehry.

Parce que moi, j’aime bien Frank Gehry. Peut-être en partie parce qu’il est Canadien. Peut-être aussi en partie parce que la plus belle expo que j’ai vue de lui, à la Art Gallery of Ontario de Toronto, je l’ai vue avec un ex-collègue et ami que j’apprécie vraiment beaucoup. Et sûrement parce que ses immeubles sont, pour moi, à l’image de ce que je trouve beau dans la vie: «tout croches», «hors-normes», irréguliers… mais tellement harmonieux! Comme les visages asymétriques. Les nez longs ou aquilins. Les sourires auxquels il manque une dent. Les rides qui racontent l’histoire d’une vie riche en émotions. L’unique beauté de ce qui n’est pas lisse et parfait.

Mais attention. Je ne pose pas un regard d’architecte sur ses réalisations. Je pose un regard de «MissK». Et j’en suis bien heureuse. Je le mentionne parce qu’un ami architecte que j’estime vraiment beaucoup détestait Frank Gehry pour mille et une bonnes raisons d’architecte. Du haut de son expérience, de ses connaissances, de son âme créatrice d’architecte (toute une âme, je vous en assure!), il m’a enligné les arguments – probablement très solides – expliquant pourquoi il avait l’homme (oui, oui, «l’homme» en soi, sa personnalité, ses motivations et sa démarche) et son oeuvre en aversion. Mais – mea culpa – je les ai tous oubliés (ou cachés quelque part dans mon cerveau). Avec Gehry, j’ai l’impression qu’on est devant un cas de «on aime» ou «on n’aime pas». Et en plus – comme avec cette série d’arguments plus théoriques – on peut se trouver devant une alternative supplémentaire: «j’aime / j’aime pas» avec ma tête ou «j’aime / j’aime pas» avec mon coeur. Moi, avec mes yeux non techniques en architecture, ça se limite à «j’aime» avec mon coeur parce que ça me fait sourire et que l’expérience est agréable.

Dès que j’ai vu l’exposition de la Art Gallery of Ontario et le film de Sidney Pollack (ami de l’architecte) Sketches of Frank Gehry (que l’ami avec qui j’avais visité l’expo m’a prêté… MERCI encore!), je me suis promis que j’irais voir ses créations «en chair et en os» au cours de mes futurs voyages. Le seul de ses édifices qu’il me sera impossible de voir, c’est celui qu’il a créé à la demande de Marge Simpsons… Même en vidéo c’est difficile à trouver, l’extrait (un épisode des Simpsons…) ayant été retiré des sites pour des raisons de droit d’auteur. Mais je l’ai trouvé ici, pour les curieux.

Je vous propose donc une mini-tournée de ses «oeuvres architecturales» que j’ai eu la chance de voir et toucher jusqu’à maintenant. Je dis «mini» parce qu’il n’y en a pas énormément encore. Mais ça viendra et je les ajouterai!

Je débute d’ailleurs la visite en disant que j’ai vu «sa» Cinémathèque française de la rue Bercy cette semaine, mais comme à la base je ne devais pas passer devant (ben oui… je me suis perdue!), je n’avais pas mon appareil photo. Mais je me promets d’aller bientôt voir l’exposition de Jacques Tati alors je partagerai l’expérience avec vous :-))). Je ne suis pas non plus allée voir sa sculpture dédiée à Sophie Calle Le Téléphone en forme de fleur. Ça ne saurait tarder!

Maintenant, je vous emmène à Chicago, au Millenium’s Park, en pleine nuit. Ce fut mon premier contact «réel» avec une de ses oeuvres: le Pavillon de musique Pritzker. C’est là que j’ai constaté qu’en plus d’être beaux et originaux, ses édifices étaient «pratiques». Vous ne le voyez pas bien sur ma photo, mais les «barres» qui ressemblent à des pattes d’araignée géante servent entre autres à supporter plusieurs haut-parleurs. Le but? Reproduire l’acoustique d’une salle de concert. Ce ne sont donc non seulement les 4000 personnes assises qui peuvent profiter de la musique au max. Mais également les 7000 autres qui, installées sur le gazon du parc, se retrouvent à l’intérieur de ces «murs du son» improvisés. Je vous avoue que je n’ai pas tenté l’expérience «totale» puisque quand j’y suis allée, je n’ai pu entendre qu’une pratique de concert et que comme nous n’étions pas 11 000 sur place, j’étais assise sur l’un des 4000 sièges. Mais mon côté «fan» me gorge d’optimisme face à leur efficacité ;-).

Le jour, c'est joli. Mais éclairé la nuit, c'est... magique :-)

Le jour, c'est joli. Mais éclairé la nuit, c'est... magique 🙂

Nous voici maintenant à Bilbao, au musée Guggenheim, où un beau gros chien de Jeff Koons nous accueille tout de fleurs vêtu:

Il est gros, mais il mord pas... Ou s'il mord, il le fait avec des fleurs :-)

Il est gros, mais il mord pas... Ou s'il mord, il le fait avec des fleurs 🙂

Gehry a déjà dit «J’essaye de composer avec les techniques de construction et les matériaux de manière positive, de les utiliser comme un artiste joue du pinceau.» C’est quand même une belle «toile de fond» pour construire un musée…

Tout un coup de pinceau quand même, non?

Tout un coup de pinceau quand même, non?

Vue d'un petit balcon où on peut s'aérer l'esprit pendant la visite...

Vue d'un petit balcon où on peut s'aérer l'esprit pendant la visite...

De profil...

De profil...

De dos...

De dos...

Encore une fois, j’ai été impressionnée par le fait qu’un édifice aussi «courbé» puisse offrir une expérience aussi agréable et efficace à l’intérieur. J’avais peur que les salles du musée souffrent de l’esthétique extérieure de l’édifice. Dans tous les musées que j’ai visités dans ma vie, c’est arrivé souvent que mon expérience artistique se soit vue contrariée par une dynamique de visite un peu cahoteuse (marcher des kilomètres entre deux salles, devoir revenir sur ses pas sans raison – parce que des fois, il peut y avoir une bonne raison – ne pas être sûre du sens de la visite et se cogner sur les gens, etc.) Mais ça n’a pas du tout été le cas ici. À la limite, j’avais envie de sautiller comme une fillette dans les courbes pour passer d’une salle à l’autre. Faut dire que l’exposition de Murakami se prêtait aussi très bien aux simagrées de fillette ;-)…

Voyez... même sortie du musée, Murakami et Gehry me donnaient encore le goût de «trottiner» et de danser ;-)

Voyez... même sortie du musée, Murakami et Gehry me donnaient encore le goût de «trottiner» et de danser 😉

Et je termine avec l’immeuble dansant (maison dansante) de Prague , que les architectes ont aussi baptisé «Fred et Ginger», en référence à Fred Astaire et Ginger Rogers.

Je ne suis pas entrée à l’intérieur, mais de l’extérieur, on dirait VRAIMENT un couple qui danse! En le voyant, mes petits haut-parleurs imaginaires ont commencé à jouer du Blossom Dearie en sourdine dans ma tête. Et j’ai souri. Ça m’a rendue joyeuse malgré le temps gris. Parce que c’est un building plein de vie et de joie, vous ne trouvez pas?

On dirait qu'il lui donne une petite tape sur les fesses...

Voulez-vous m'accorder cette danse?

Joue contre joue...

Joue contre joue...

Voilà donc pour tout de suite… Je poursuis ma tournée européenne pendant que je suis ici. Et pour mes amis canadiens, si jamais vous passez devant la nouvelle partie de la AGO de Toronto, que Gehry a terminée il y a peu de temps, vous pouvez m’envoyer une photo? J’aimerais la voir à travers vos yeux… avant de la voir en «chair et en os», à mon retour (Moment de nostalgie… On part les violons!)

Visite de Prague «à la MissK»

En voyage, on a tous nos petites manies. Certains s’obstinent à suivre à la lettre les recommandations de guides, qu’ils soient en papier, en pixels ou en chair et en os, alors que d’autres s’obstinent à NE PAS suivre les recommandations de ces mêmes guides. Il y en a aussi qui ne jurent que par les bureaux d’infos touristiques. Les bars, quand on parle la langue du pays, deviennent également une source de conseils intarissables, pour autant qu’on les note ou que l’alcool n’altère pas notre mémoire.

Moi, je fais partie de ceux qui aiment bien s’informer sur la ville – festivals, musées et cinémas en priorité! – avant d’y mettre les pieds avec des guides en papiers, en pixels et en chair et en os… mais j’apprécie encore plus, sur place, me perdre dans les rues pour être surprise.

C’est ainsi qu’à Séville, on est tombés par hasard sur la pension Fabiola, au fin fond d’un cul-de-sac… l’endroit le plus sympa où on a couché lors de notre première visite en Espagne il y a maintenant 6 ans!

Ou qu’à Hawaii, on a trouvé: mon vin californien préféré (Pepi – Sangiovese) – une seule bouteille dans tout le supermarché! Placée avec les vins blancs en plus… un vrai miracle!- et un resto de sushis à tapis roulant – le seul qu’on ait vu sur les trois îles visitées – dans un rayon de 20 pas. On a d’ailleurs pu unir les deux, le vin et les sushis, grâce à la gentillesse de la jeune serveuse qui, moyennant un demi-verre de vin, nous a laissé boire notre bouteille en mangeant, même si ce n’était pas vraiment (ou vraiment pas) dans les habitudes (et les droits) de la maison…

Genki Sushis, sur l'île de Kauai à Hawaii

Genki Sushis, sur l'île de Kauai à Hawaii

Le tapis du Genki...

Le tapis du Genki...

Au Genki avec le Pepi... bourrés à la française et à la québécoise... et heureux! :-)

Au Genki avec le Pepi... bourrés à la française et à la québécoise... et heureux! 🙂

Mmmm… Que de bons souvenirs! Cela dit, ça arrive aussi que j’accroche sur un truc lorsque je fais mes recherches préliminaires. Dans le cas de Prague, en lisant, j’ai eu une attaque Cernyaque, et je me suis créé mon musée en me donnant pour mandat de voir chacune des oeuvres de l’artiste David Černý posées dans la ville. Un musée de plusieurs kilomètres donc!

David Černý s’est fait remarquer pour la première fois en 1991, année lors de laquelle il décida de peindre en rose le char symbolisant la libération de Prague par l’Armée rouge. Ce fut son passeport pour la prison… et pour une réputation d’artiste «controversé». Controversé? Audacieux? Culotté? Rigolo? Ce type de jugement dépend tellement de «l’histoire» qui s’est gravée – volontairement ou de force – dans les mémoires, les tissus et les organes de la personne qui regarde l’oeuvre!

Moi, heureusement ou malheureusement, je n’ai jamais vécu sous un régime communiste, je n’étais pas là, lors de la manifestation du 17 novembre 1989 et je n’étais pas encore née lors du Printemps de Prague (expression qui représente pour moi tout autant un festival de musique que les 8-9 premiers mois de 1968..) et du régime qui le précéda. Ma façon de voir l’oeuvre de Černý n’est donc pas gorgée de bons ou de mauvais souvenirs, elle n’est ni idéologique ni politique. Elle est purement nord-américaine. Purement artistique… «plastique». Je ne vois pas du tout la chose sous le même angle qu’un Tchèque, j’en suis persuadée. Ni sous le même angle que moi-même dans un futur plus ou moins rapproché, d’ailleurs. Je donne une tout autre dimension à cette oeuvre, comme un enfant qui voit les volcans comme «des montagnes qui font ATCHOUM» (Voir PetitMonde) ou un nez qui coule comme un «nez qui pleure» (voir Educatout). C’est comme ça que j’aime voir les oeuvres d’art. Et la littérature.

Je crois que par respect pour un artiste, pour son oeuvre, il est important de s’informer sur son histoire, sa démarche, ses intentions (lorsqu’il en a). Mais après, ce que je trouve magnifique, c’est de laisser s’exprimer l’oeuvre en toute naïveté. Dans des millions de directions.  De l’enrichir de mille et une émotions, mille et une «significations», mille et une résonnances.

Alors voilà pourquoi je suis curieuse de savoir ce que VOUS, vous en pensez. Vos réflexions, vos impressions m’intéressent! Je vous propose de regarder, de ressentir et de commenter. Parce que maintenant, je vous emmène en ballade visuelle à travers ses installations praguoises…  Tous les kilomètres que j’ai faits, je vous les offre sur un blogue d’argent, en photos.

Prêts? Allez hop! On part…

On commence en rose. Back in 1991…

Voici le fameux tank peint en rose qui lança la carrière de David Černý. Comme mon tchèque n’est pas à point et que je peux donc difficilement lire les documents et sites du pays sur le sujet, j’ai pu constater que les informations concernant cette oeuvre sur le Web sont aussi diversifiées que les opinions des gens sur la question… Difficile de mettre tous les morceaux du casse-tête en place…

Mais si j’ai bien compris, Černý a d’abord peint le tank en rose en 1991. Son geste rapidement condamné, Černý fut envoyé en prison et le char, repeint en vert par les autorités. Mais l’incident provoqua la colère de plusieurs parlementaires et certains d’entre eux entreprirent de le repeindre en rose! Leur immunité parlementaire les protégeant, ces derniers n’ont donc pas subi le même sort que Černý qui lui, fut relâché. Selon Lonely Planet, le char fut retiré et remplacé par une fontaine après que l’Union soviétique se soit plaint. Jusqu’à tout récemment, pour le voir, il fallait donc se rendre dans un musée à une quarantaine de kilomètres de Prague. Mais, comme en témoignent les deux photos ci-dessous, j’en ai vu des morceaux, juste à côté de la fameuse fontaine. Il semble qu’ils aient été rapatriés sur la Place Kinsky le 21 août 2008.

À n'en pas douter, c'est bien rose.

À n'en pas douter, c'est bien rose.

En plan plus rapproché.

En plan plus rapproché.

On poursuit avec l’oeuvre que je souhaitais le PLUS voir: Brownnosers. Située dans la cour de la Galerie Futura, dans un coin moins fréquenté par les touristes de la ville où les jeunes gens se trimballent dans la rue pinte de bière à la main les dimanches matins à 10h, l’installation géante permet de regarder une petite vidéo entre les fesses d’une statue. Le sujet de la vidéo? Le président tchèque et le directeur de la Galerie nationale se nourrissent mutuellement de bouillie!

Mais… pour une raison inconnue, la Galerie Futura n’était pas ouverte le jour de notre visite… Alors voici ce que j’ai pu voir à travers quelques fissures dans la porte…

Vue du premier trou...

Vue du premier trou...

Oh! Un deuxième trou...

Oh! Un deuxième trou...

En désespoir de cause... à plat ventre pour voir sous la porte...!

En désespoir de cause... à plat ventre pour voir sous la porte...!

Pour voir l’installation en photo et bien comprendre l’expression «avoir [une] tête dans le cul», visitez le site officiel de David Černý, donc…

Quo Vadis, qui se trouve dans le jardin de l’ambassade d’Allemagne, est un Trabant (voiture -Allemagne de l’Est) sur quatre pattes (quatre jambes humaines en fait…). L’oeuvre désirerait rappeler l’exode des citoyens de l’ancienne République démocratique allemande en 1989.

On ne voit pas bien, mais c'est quand même assez imposant.

On ne voit pas bien, mais c'est quand même assez imposant.

Viselec (Hanging Out), c’est un homme barbu à lunettes (souvent comparé à Sigmund Freud) qui se tient d’une main au-dessus de la rue Husova.

On a vraiment failli le manquer...

On a vraiment failli le manquer...

...parce qu'il est haut!

...parce qu'il est haut!

Kun (Cheval) se trouve tout près de sa «vraie version», place Vanceslas:

La version «Place Vanceslas»...

La version «Place Vanceslas»...

La version de Černý, représente Saint Vanceslas chevauchant un cheval mort:

Et celle de Černý.

Et celle de Černý.

Miminka (maman), ce sont les fameux bébés géants qui grimpent (gaiement?) sur la Tour de la télévision. Ce qui est identifié comme étant des fentes pour les pièces de monnaies remplace leur visage.

Les petits bébés grimpent vraiment partout!

Les petits bébés grimpent vraiment partout!

De plus près...

De plus près...

Et certains se sont évadés au Musée Kampa... À droite, le visage en «trou pour la monnaie»...

Et certains se sont évadés au Musée Kampa... À droite, le visage en «trou pour la monnaie»...

Et je termine avec Proudy (Cours d’eau). Ici, on peut voir deux hommes qui urinent «non-stop», comme on dit ici, dans une flaque de pipi (eau) dont la forme rappelle clairement République Tchèque. Et… la statue bouge! Leurs pénis montent et descendent (je leur ai donné un p’tit coup de main comme vous pouvez voir…) pour écrire des citations de résidents tchèques reconnus. J’ai probablement d’ailleurs changé quelques phrases avec mon «aide»… 😛

Il y a comme une thématique «pipi» dans mes derniers voyages... Les Pis de Bruxelles, le monsieur tout nu de Donastio et là...

Il y a comme une thématique «pipi» dans mes derniers voyages... Les Pis de Bruxelles, le monsieur tout nu de San Sebastian et là...

Je voulais qu'il écrive mon nom... ;-)

Je voulais qu'il écrive mon nom... 😉

Alors? Vous avez apprécié la p’tite visite?


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