Archive pour novembre 2010

Bruges de nuit

Petit week-end à Bruges, ville ayant conservé son look médiéval. Ville aux airs de carte postale. «Un exemple exceptionnel d’habitat médiéval ayant bien conservé son tissu urbain historique tel qu’il a évolué avec les siècles et où le bâti gothique d’origine fait partie de l’identité de la ville», selon  ce qu’on peut lire sur le site de l’UNESCO. L’organisme a inscrit la ville sur sa Liste du Patrimoine mondial qui comprend, au moment d’écrire ces lignes, 911 endroits à travers le monde.

En plus de ce titre prestigieux, celle que l’on surnomme La Venise du Nord réserve mille et un attraits à ceux qui la visitent. Certains plus touristiques – économiquement parlant  et- d’autres, mes favoris, juste beaux.

On peut entre autres dire que l’industrie de la calèche se porte très bien dans la ville:

Je crois qu'au cours du week-end, j'ai vu plus de calèches que de voitures en marche...

Tout comme le commerce de la frite, de la dentelle et de la gaufre:

Le commerce de la bière et du chocolat aussi. La bière, je l’ai bue plutôt que de la photographier. Parce que si une image vaut 1000 mots, le goût de la bière belge vaut, quant à lui, 1000 images. Et perdue dans le plaisir de savourer mes bières, je n’ai pas pris 1000 photos.

Je me reprends donc sur le chocolat. Il y en a de toutes les sortes et pour tous les goûts. Des figurines de Noël, des truffes, des petits carrés/ronds/losanges/rectangles fourrés à plein de trucs – de l’avocat au champagne en passant par le nougat -, des asperges pour ceux qui trouvent qu’ils ne mangent pas assez de légumes…

… ou encore des seins, cadeau idéal à offrir aux papas (c’est, comme vous pouvez voir, ce sur quoi ils basent leur marketing).

Bruges, offre aussi de jolies promenades.

Près des moulins…

…en ville…

…toujours en compagnie d’amis touristes et de l’amie pluie.

L’amie pluie, je me doutais un peu qu’elle nous accompagnerait tout au long du week-end. Déjà pendant le voyage en train, le paysage laissait présager une humidité certaine:

M. Paul: Pauvres chevaux! Ils pataugent dans un pré qui a l’air d’un marécage. Sont tout trempés!

Karine: Ben non! On est en Belgique. Tu me l’as dit toi-même: il pleut tout le temps, alors ils sont habitués. T’as pas vu? Ils ont tous leurs petits savons et ils en profitent pour se doucher.

Quand il est question de tourisme et de voyages, on sauve le jeu comme on peut…

Et puis après tout, je les connais ces villes-là. Le jour, elles laissent leurs touristes se bousculer pour les regarder et les bombarder de photos. Elles font simplement les belles, tout en prenant soin de cracher une petite pluie sur la tête des gens pour s’amuser. Coquines.

On ne peut pas vraiment leur en vouloir: vu de haut, c’est vrai que ce doit être rigolo de voir tous ces parapluies de touristes s’entrechoquer. C’est ce qu’on appelle de l’extreme umbrelling. Un sport qui nécessite une bonne dose de technique, de force, de stratégie et, parfois, un peu de mauvaise foi.

Mais au risque de me répéter, je connais ces villes-là. C’est pour cette raison que samedi, vers 15h, les pieds bien mouillés dans mes chaussures inondées, j’ai déclaré à M. Paul que je rentrais à l’hôtel me sécher. Mon but caché: être reposée et me faire sécher les orteils pour la soirée.

Parce que c’est la nuit que les villes comme Bruges déploient leurs plus beaux charmes. Quand tous les touristes sont rentrés, épuisés par les durs combats de la journée, Bruges dénoue ses cheveux, revêt sa robe médiévale brumeuse et se pare de ses merveilleux bijoux lumineux. La voilà prête à se laisser admirer et immortaliser.

Constatez par vous-même, voir Bruges de jour ou de nuit, c’est vraiment le jour et la nuit:

On a eu droit à un shooting (presque) privé:

P.S. Je suis là à dire que «Je connais ces villes-là» et suis très heureuse d’avoir vu juste. Mais je dois avouer qu’avant de lire les nouvelles, j’étais loin de me douter qu’au fond, nous avons vraiment été chanceux de pouvoir prendre ces belles photos en marchant dans une Bruges toute douce et calme, samedi soir. Parce que certaines villes de Belgique ont reçu tellement de pluie cette même nuit, qu’il y a eu deux morts ! 😦

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Excès allemands

Le week-end dernier, je suis allée à Munich. C’était ma première fois en Allemagne. Chanceuse, j’étais tout de même bien préparée parce que mon amie Mel, une habituée du pays, m’avait fait répéter les trois mots-clefs à retenir pour vivre décemment mon séjour: «Ein Bier, bitte». Paraît que si elle est répétée plusieurs fois par jour, cette phrase magique vous fait oublier tous vos soucis.

Je n’ai pas eu à tester parce que je n’avais pas vraiment de soucis. Et puis dès la ride de train entre l’aéroport et la ville, j’ai ressenti un grand calme. Exception faite des quelques minutes pendant lesquelles un groupe d’Allemands aux voix bien portantes se sont amusés à répéter tous les mots anglais que crachait le petit interphone du wagon en riant gras («Next station / HAHAHAHAHA» «Exit the train / HAHAHAHAHA», et ainsi de suite). Donc, mis à part ce relent de cacophonie, oui, c’est calme l’Allemagne. Calme, propre (vraiment propre!), ordonné. Agréable. Simple. Pas compliqué. Sans souci.

Malgré tout, c’est au cours de ce même week-end que j’ai vécu tout plein de mini-excès. Est-ce que c’est par opposition  au calme et à l’ordre que ces petites tranches de vies me paraissent excessives? Peut-être… Toujours est-il que…

1. J’ai mangé plus de pretzels en un week-end que je n’en avais mangé jusqu’à maintenant dans ma vie. Faut dire qu’à 85 centimes le pretzel, ils sont plus accessibles qu’au Centre Bell. Et ils sont meilleurs aussi.

2. J’ai aussi vu M. Paul s’étouffer en croquant dans une (excessivement) grosse motte de fromage râpé. C’est que le dit fromage râpé était en fait du raifort:

Le raifort, c'est le petit tas blanc dans l'assiette. Il en a avalé au moins la moitié d'un coup. Et, oui, on peut aussi parler d'excès de charcuteries dans les assiettes... 😉

3. À la Cathédrale Notre-Dame, j’ai pu constater que le p’tit Jésus pouvait lui aussi ressentir des excès d’ennui:

Soupir

4. Tout comme ses porte-paroles, d’ailleurs:

Soupir bis

5. Dans le Englischer Garten, il y avait tout plein de couleurs… Un excès? Presqu’autant qu’au Québec (le «presqu’» est optionnel…)

Joli, oui?

6. Des couleurs jusque dans un petit tunnel. Tunnel que j’ai cru être un skate park le temps d’un coup d’oeil, mais non. C’était bel et bien un petit tunnel pour piétons et cyclistes, tout en dessins (oui, excessivement charmants!):

Sympathique et rigolo

7. Donc une grosse dose de couleurs, mais aussi du noir. Beaucoup de noir. Des corbeaux. Plus de corbeaux en un tableau de coup d’oeil que de mouettes autour d’un McDo en deux-troix clignements. Pas bruyants, pas chiants (du moins, pas sur moi), juste noirs… Très noirs. Excèssiv…. noirs.

En voici un. Il y en avait une j'sais-pas-trop-combien-taine. Beaucoup, en tout cas.

8. À la sortie du parc, nous avons marché un peu, sans but précis. La nuit tombait, nous étions zens et insouciants (à défaut d’être *vraiment* jeunes et insouciants). J’ai soudainement vu un (joli) garçon passer, tout de spandex vêtu, une planche de surf sous le bras: «Mais qu’est-ce qu’il fout là? Fait -5 dehors!». Notre réponse est arrivée avant le coin de la rue. Et je peux maintenant dire qu’à Munich, j’ai vu plus de surfers en action en 15 minutes que je n’en ai vus en 2 semaines à Hawaii ou en 3 jours à Biarritz:

Yeah!

9. Pour rester un peu dans le même esprit, je ne m’en plains pas du tout, mais j’ai aussi vu un concentré de beaux bonshommes au cours de mon week-end à Munich. Vraiment beaux. Et avec, en prime, le p’tit air timide du mec qui n’a aucune idée qu’il est mignon. Cela dit, messieurs, rassurez-vous, il y a aussi plusieurs très jolies filles. J’en ai vu et M. Paul en a été (limite) époustouflé. Particulièrement à la Pinakothek der Moderne.

Pinakothek, d’ailleurs, où je dois avouer avoir été (limite) excessivement déçue. On m’avait promis du Pipilotti Rist sur un site Web qui n’avait peut-être pas été mis à jour (PAS celui de la Pinakothek même) et dans tout l’établissement il n’y avait qu’un seul tableau de Pipilotti (pas de vidéo!): une fille toute nue qui me parlait franchement moins que tout ce que j’ai vu (et apprécié) de cette artiste… Mais bon. Tant qu’à être là, autant s’amuser, alors dans un (mini)excès de délinquance, M. Paul et moi avons pris quelques photos:

Où est M. Paul sur ces trois photos?

10. À côté de la Pinakothek der Moderne, il y a le musée Brandhorst. On l’avait remarqué de l’extérieur parce qu’il est plein de couleurs! Puis, alors que nous trainions tous deux de la patte, déçus de notre expérience pinakothekienne, l’attention de M.Paul a été attirée par des pubs du musée Brandhorst sur le trottoir. Ces dernières nous promettaient des pièces inédites de Wharol, Basquiat, Koons, Twombly et plusieurs autres… Nous étions tous les deux fatigués, mais une telle promesse artistique peut suffire à nous remettre sur pied l’un comme l’autre. Puisque dans ce cas, la promesse était grande, j’ai vite vérifié et le musée était ouvert jusqu’à 20h le dimanche. Nous y sommes donc entrés.

Et même si je n’y ai vu aucun Basquiat, je crois que les Wahrol que j’ai vus – que je n’avais encore jamais vu en vrai même si, croyez-moi, j’en ai vu des Wahrol – et les Damien Hirst, ont suffi à me satisfaire. Un mini-Koons aussi. Je ne l’ai pas pris en photo, mais d’autres l’avaient fait. Tout mignon, non?

Bref, Damien Hirst m’a aussi fait voir un nombre incroyable de pilules d’un seul coup. Ça m’a marquée parce que presque toute sa vie, papa a dû en prendre une quinzaine – parfois plus – par jour. Je dirais que l’oeuvre de Hirst prenait toute une perspective à travers mes yeux…

La dernière photo, ce sont les roses de Cy Twombly. Des roses...

11. Je devrais peut-être arrêter à «10». Après tout, c’est un chiffre rond. Mais non. Je terminerai à «11» en disant que mon dernier «excès» allemand, c’est à l’aéroport que je l’ai vécu. Un excès de tristesse. En pensant à la mort récente de mon papa. Inexplicable quoiqu’explicable, on s’entend. Mais inexplicable dans le sens de «pourquoi toute cette tristesse LÀ et pas 2 jours avant?» M. Paul ne savait plus où donner du mouchoir et je ne savais plus où donner du nez et des yeux. Y’avait rien de particulier. Juste de la peine à sortir.

Et ce soir-là, le mec d’Air France qui appelait les passagers à l’aéroport, il était Québécois. Ça s’entendait à sa voix quand il appelait «Bonjour! Ceci est le message pour les passagers du von AFXXX. Les passagers des rangées XXX à XXX sont priés de…». Toujours est-il que c’est lui qui a lu mon passeport. En le voyant, deux minutes avant l’embarquement, il a dit «Saint-Jérôme?» avec le petit regard complice des compatriotes à l’étranger. J’ai répondu «oui». Et ça m’a fait du bien.

Merci, étranger Québécois qui travaille pour Air France à Munich! Lundi dernier, grâce à toi, mes yeux se sont asséchés juste assez pour voir une étoile/planète rassurante dans le ciel. Étoile/planète qui depuis, me suit…

Carte postale d’un (autre) week-end au Paradis

Je me sens toute zen. C’est l’effet post-week-end au Paradis, où j’ai passé le dernier week-end. Avec M. Paul, David et Élisabeth. Un week-end de trois jours en France. Parce que c’était la Toussaint – la fête des saints à la veille de la fête des Morts. Ainsi, les salariés avaient congé et certaines stations de radio comme RTL ont fait des émissions sur la mort et tous les frais, toutes les questions, toute la paperasse qu’elle engendre. Quel hasard, j’avais justement envie d’en savoir plus (ironie, mais honnêtement c’était somme toute intéressant).

Un week-end qui a tout de même débuté – comme tout bon week-end de Parigots qui s’éjectent vers la banlieue pour 3 jours – dans un trafic grisounet et sans vraiment de saveur autre que le goût de la hâte :

Un week-end qui finit par aboutir au Paradis – donc – et un week-end sous le soleil. Oui, oui, sous le soleil en Normandie.

Ce qui me pousse à faire, en toute honnêteté, une affirmation on ne peut plus officielle: jusqu’à ce jour, je n’ai vu que du soleil en Normandie. Je veux bien essayer de comprendre tous les produits dérivés comme ça et ça ou encore ça qui ont basé leur marketing sur le fait qu’il pleut toujours dans ce coin de pays, mais la réalité veut que chaque fois que j’y ai mis les pieds, le soleil brillât. Constatez par vous-même (encore une fois):

Le soleil… Et même la lune en plein jour:

De ce soleil, je m’en suis réjouie tous les jours du week-end (tout comme nos hôtes, je crois). Et j’ai bien sûr pensé à mes amis Québécois qui, pendant que je regardais ce délicieux coucher de soleil à Pïrou en mangeant un tout aussi délicieux plateau de fruits de mer, accueillaient leur première neige…:

Ce même matin, M. Paul et moi avions pris une petite marche du El Biao Cotentin jusqu’à la plage. Une marche débordante de belles vues à immortaliser.

Dès notre  point de départ au El Biao:

Sur la route…

Sur la plage…

Ainsi qu’au retour, alors qu’un sympathique petit poney nous a dit un beau «bonjour» (toujours sous le soleil)…

Juste avant de rentrer, nous avons également fait un petit saut pour voir l’église de Bretteville-sur-Ay qui trône à la pointe d’un «Y» au coeur de ce charmant petit village normand…

Mais aucune de ces belles images n’arrive à égaler la beauté de l’accueil  de nos hôtes au El Biao. Je l’ai déjà dit et le répète: si vous passez par la Normandie et que vous avez la chance de vous y arrêter une nuit – ou deux ou trois – GO!

Ce sera l’un des plus beaux séjours de votre vie.

 

 


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