Joyeuses visites à l’hôpital et au cimetière!

Ce matin, j’ai dû me rendre à l’hôpital Sainte-Anne dans le 14e arrondissement. Pas pour moi ni pour M. Paul, je vous rassure. J’avais rendez-vous avec le psychiatre et psychothérapeute Christophe André, spécialiste de la psychologie du bonheur, pour un prochain article dont le sujet est très prometteur (à suivre… :-)).

Je ne me suis pas promenée à fond dans ce coin-là de Paris encore. Je connais un peu mieux le 12e et le 13e, mais le 14e, pas trop. Pourtant, le nom de cet hôpital spécialisé en psychiatrie et en neurologie et en neurochirurgie ne m’était pas étranger.

(En passant, pour s’y rendre, il faut débarquer au métro «Glacière», prendre la rue «de la Santé», puis la rue «Cabanis». Oui, au premier coup d’oeil, j’ai lu «Cannabis». C’est peut-être moi et ma manie à faire des liens partout, mais je trouvais les différents noms assez «thématiques», chacun à leur façon…)

Comme j’ai une excellente mémoire visuelle, je savais que je n’avais pas «lu» ce nom quelque part.

Anectode flashback: Je me rappelle, lors des examens de «par coeur» à l’école, j’arrivais à carrément «voir» les réponses aux questions dans ma tête. À l’endroit exact où elles apparaissaient dans le ou les livre(s) que j’avais révisé(s)…

Pas lu, donc. Quelqu’un m’en avait parlé. Pourtant, je n’ai personne, dans mon cercle d’amis proches, qui soit susceptible d’avoir eu besoin de soins de cette nature… Alors que j’avais abandonné depuis quelques heures déjà l’idée de me creuser les neurones pour trouver où et quand j’avais entendu ce nom (non sans effort… J’HAIS ça ne pas me souvenir de quelque chose que je ne peux pas Googler!), le souvenir a poppé dans ma tête. Mais c’est Philippe! Bien oui!

Je ne vous ai jamais parlé de Philippe (en fait, oui… à quelques-uns d’entre vous par courriel il y a longtemps, mais pas à tous). Le jour où Philippe s’est pointé dans ma vie, je rendais visite aux morts, au cimetière Montparnasse. Mi-mars. Je venais à peine de débarquer avec mes quelques valises, mon visa et mon envie de voir du pays.

Il restait bien quelques paperasseries à régler et ce jour-là, c’était jour de visite à la préfecture, située près de la très «solitaire» Tour Montparnasse. En sortant, somme toute heureuse de finalement m’y être rendue pour rien mon visa jouissant d’un titre de séjour intégré grâce à un accord amical entre la France et le Québec, je me suis dirigée vers le cimetière, question de partager ma joie avec Jean-Paul, Simone, Gainsbourg, Noiret et quelques autres.

Dès que j’ai passé les grilles, un homme est venu me voir pour me dire que sans plan, c’était sûr que j’allais me perdre. J’avais un plan du cimetière dans le guide que je tenais entre mes mains mais selon lui, ça me prenait un «plan officiel». J’ai eu envie de lui dire que de toute façon, les femmes ne sachant pas lire les cartes routières, je ne voyais pas pourquoi je me débrouillerais mieux avec un plan de cimetière, mais je me suis retenue: il était déjà parti m’en chercher un. Et puis au fond, il était rigolo et sympa. Alors, je l’ai suivi en réfléchissant. SDF? Probablement pas. Au fond, je n’en ai aucune idée… Un peu seul, ça, je le parierais. J’ai l’impression qu’il a besoin de contact, de parler, d’échanger… Il me raconte d’ailleurs «innocemment» qu’il connaît le cimetière par coeur. Arrivé à la petite cabanette du gardien, il lui demande un plan. C’est clair qu’ils se «connaissent»! Philippe revient vers moi et… ne me donne PAS le plan. Il me demande plutôt, toujours aussi «innocemment», qui je veux voir. Mmmm… Visite guidée? J’ai embarqué! Et le sourire qu’il m’a fait, mixé avec l’éclair de bonne humeur qui a animé ses yeux ont suffi à me convaincre que j’avais pris la bonne décision. J’ai donc passé deux bonnes heures avec mon guide. Mi-suisse / mi-vietnamien, il m’a expliqué qu’il travaillait dans un hôpital pas très loin – l’hôpital Sainte-Anne (voilà!) – et qu’il connaissait tous les cimetières de Paris comme le fond de sa poche. Il m’a dynamiquement raconté plusieurs de ses petites histoires et ça m’a fait du bien. Son énergie, ses réactions et ses impressions – qui oscillaient drastiquement entre naïveté et fatalisme – coloraient ses récits et offraient une nouvelle dimension à cet après-midi en compagnie de morts célèbres.

Généralement, j’aime bien marcher seule dans les cimetières… mais je ne peux pas dire que celui de Montparnasse me fasse le même effet. Trop petit. Trop «entouré» de buildings (avec une belle vue sur la discrète Tour Montparnasse :)). Il est différent avec son environnement plus «business» que «paisible». Le moulin à paroles (et à gestes) qu’était Philippe cadrait parfaitement dans le tableau. Puis quand j’ai pris congé, il m’a laissé son numéro de portable en me disant que si je souhaitais une visite guidée du Père Lachaise, par exemple, il y était aussi souvent. Je ne l’ai pas encore appelé.

Si je me souviens bien ce qu’il m’a dit ce jour-là, Philippe travaillerait au service de maintenance de l’hôpital. Je ne l’ai pas vu ce matin, quand j’y suis passée. Mais maintenant que je «connais» l’hôpital et ses spécialisations, j’espère sincèrement qu’il peut prendre le temps de jaser avec les patients avec la même verve et la même énergie que cet après-midi-là. Qu’il peut les «éclairer» de son sourire communicatif, son regard coquin et son entrain!

Voici quelques petites photos du cimetière Montparnasse:

À gauche, Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir sous les doux raisons du soleil; à droite Serge Gainsbourg, emmitoufflé de fleurs.

À gauche, Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir sous les doux rayons du soleil; à droite Serge Gainsbourg, emmitoufflé de fleurs.

Eugène Ionesco et Philippe Noiret: simplicité.

Eugène Ionesco et Philippe Noiret: simplicité.

À gauche, la Tour qui surveille le cimetière; à droite, un chat de Niki St Phalle en hommage à Ricardo qui a travaillé avec elle jusqu'à sa mort, en 1989.

À gauche, la Tour qui surveille le cimetière; à droite, un chat de Niki de St Phalle en hommage à Ricardo, qui a travaillé avec elle jusqu'à sa mort (1989).

3 Responses to “Joyeuses visites à l’hôpital et au cimetière!”


  1. 1 codedelarue 30 juin 2009 à 23:13

    Il n’y a que toi pour mettre de la joie dans un billet contenant les mots « hôpital » et « cimetière » !

  2. 2 Olivier 30 juin 2009 à 23:15

    Oops, j’ai oublié de me « déloguer » : le commentaire ci-dessus est de moi…

  3. 3 noese cogite 1 juillet 2009 à 15:54

    Intéressant cette rencontre peut-être est-il un patient?


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