Archive pour 4 juin 2009

Plaisirs (d’autres) sens… toujours chez les Tchèques!

Mon corps se plaint ces temps-ci. Il me rappelle sensoriellement qu’au Québec, je l’emmenais souvent dans ces endroits où, inerte sur une planche blanche, il se faisait pétrir comme un pain. Petit noeud qui pousse ici, gros point de douleur qui émerge là, craquements, raideurs… il use de tous les moyens pour exprimer sa désapprobation.

J’ai beau lui répéter (subtilement, en chuchotant et uniquement quand je suis seule, rassurez-vous) que les tarifs des massages parisiens que j’ai vus n’ont rien à voir avec les tarifs canadiens… et qu’après tout, je ne le pousse pas «à fond la caisse» comme je le faisais «à la maison»… Du haut de ses 31 ans, il s’entête.

J’étais donc ravie quand j’ai vu les tarifs des massages de l’hôtel tchèque où M. Paul et moi logions le week-end dernier. À mi-chemin entre la Chine – où j’ai payé mon massage 20 dollars canadiens – et le Canada où je déboursais 63$ pour un massage à mon goût.

Parce que je suis difficile… j’ai essayé beaucoup d’endroits avant de trouver MES places. Avis aux intéressés, hormis les classiques que tout le monde connaît, j’adorais le Centre Sequoia, qui était à quelques coins de rue de chez moi quand j’habitais sur Chabot.

Donc un massage tchèque de une heure = 710 couronnes tchèques, soit 44 dollars canadiens. Presque le tiers du tarif français, si on calcule que 80 euros (ce qui est pas mal le moins cher) équivaut à 129 dollars canadiens!

Une aubaine à côté de laquelle je ne pouvais passer. Mon corps ne me l’aurait pas pardonné.
Avant de quitter l’hôtel, samedi matin, nous nous sommes donc dirigés vers la réception du Spa – indépendant de l’hôtel «paperassement parlant» mais à l’intérieur de celle-ci, «spatialement parlant» – pour prendre rendez-vous.

L’idée était de me faire masser vers 17h30, avant de ressortir souper le soir même ou encore de reporter le pétrissement corporel au lendemain matin, première heure, avant d’entamer la journée. L’hôtel étant à deux stations de métro du centre-ville, le concept d’y revenir avant de souper n’était pas idéal, mais comme il pleuvait… il s’avérait «acceptable».

La jeune fille à la réception était – comment dire – inexpressive. J’ai mis ça sur le compte de sa difficulté à parler anglais. Selon moi, son énergie était concentrée sur la recherche des mots; mobilisant du coup toutes ses forces, et empêchant donc les muscles de son visage de se contracter en sourire.

(Voici la traduction libre de notre conversation en anglais)
Karine: 🙂 Bonjour! 🙂
Réceptionniste: Bonjour…
Karine: Je voudrais un rendez-vous pour un massage. Comment est-ce que ça fonctionne?
Réceptionniste: Quand?
Karine: Avez-vous de la place ce soir?
Réceptionniste: Entre 10h30 et 23h, c’est libre.
Karine: Ah, chouette! J’aimerais 17h30 – 17h30, M. Paul, ça t’irait? (signe de tête de M. Paul) – Oui, mademoiselle, 17h30.
Réceptionniste: Alors ce serait juste une demi-heure, alors.
Karine: Ah? Et à 18h, je pourrais avoir une heure?
Réceptionniste: Oui.
Karine: Ah, bon,,,
Réceptionniste: Homme ou femme?
Karine: Idéalement un homme, mais sinon, pas grave. En fait, je voudrais un massage en profondeur. Pas seulement de relaxation. Alors, je prendrais la personne spécialisée dans ce type de massage.
Réceptionniste: ??????
Karine: Vos masseurs n’ont pas de spécialités?
Réceptionniste: Vous lui direz ce que vous voulez.
Karine: Ah, ok… Ben… Merci.

On sort.
M. Paul: C’est pas un peu bizarre? T’es sûre que c’est une place OK. Tu sais, la prostitution est légale dans des pays pas ben loin…
Karine: Oh! C’est «ordinaire», mais c’est lié à l’hôtel… Ça m’étonnerait. Mais là, tu m’énerves avec tes réflexions! Je suis plus sûre de rien…!
Le doute s’est donc faufilé dans mes pensées tout au long de la journée. Ah, pis merde, j’y vais. Ah, pis non, j’y vais pas. Ah, pis ça peut pas être si pire. Ouin mais…

Finalement, «at the end of the day», j’y suis allée.

À 18h, il y avait déjà plus d’activité dans le spa. Quelques clientes «jeunes et dynamiques», ce qui augurait quand même… euh… bien.

Le masseur est venu me chercher, on est entrés dans sa salle et il m’a demandé dans un anglais dont l’accent était aussi prédominant que le nez de Cyrano:
Masseur: Vous voulez un massage, ou…
Karine: Euh… oui, un massage. Bien en profondeur. Vous verrez, au Québec j’avais l’habitude d’y aller régulièrement et là, comme ça fait plusieurs mois, des noeuds se sont formés un peu partout le long de ma colonne.. N’hésitez pas à peser fort!
Masseur: D’accord. Je sors. Déshabillez-vous, installez-vous et je reviens dans deux minutes.

Pas plus de questions. Pas de formulaire médical Niet. Je n’étais pas stressée, en fait je trouvais ça rigolo… Mais la théorie de M. Paul était bien ancrée dans ma tête!

Docile comme un agneau en route vers le méchoui, je me suis donc déshabillée et installée sur sa planche blanche. Puis il est revenu me pétrir.

L’atmosphère était un peu bruyant, mais il a tout de suite mis de la musique, qui s’est chargée de tout enterrer galamment. Et devinez quoi??? La première toune était… une toune de Céline! All by myself pour ne pas la nommer (mais l’écrire). Je suis sûre que c’était pour «faire plaisir» à la Québécoise que je suis. Quelle attention, quand même! Et sinon… quelle coïncidence!

Isabelle, j’ai pensé à toi. Xavier aussi.

Et cette pièce fut suivie d’une série… de plaisirs coupables! Madonna, Cindy Lauper, Billy Joel… Je ne me suis jamais fait masser sur ce genre de musique… et c’était SUPER 🙂

Aussi, dès le début (sur All by myself, je vous le rappelle), il a analysé mon corps, m’a posé des questions sur mon dos, mon pied difforme (eh, oui!)… Puis il a attaqué. Et… quelle attaque! Sans trop d’huile en plus, ce qui est rare! Ça faisait mal, mais c’était PARFAIT. On aurait dit que ses mains dialoguaient avec mon corps comme deux vieux copains.
Masseur: Is it OK? Not too hard?
Karine: It hurts but it’s good.
Sitôt ces paroles prononcées, j’ai repensé à la théorie de M. Paul et… j’ai dû contenir un gros fou rire!!! «Ça fait mal, mais c’est boooooooooon!»

À la fin du massage, il a passé une serviette partout où il m’avait huilée pour enlever le surplus. Vraiment mon genre de masseur! J’haïs tellement ça être glissante comme une pelure de bananes de cartoons!

Certaines copines m’ont suggéré de pousser l’enquête plus loin pour que je sois sûre sûre sûre que les masseurs tchèques sont tous aussi excellents. J’y ai songé, mais je manquais de temps.

Cela dit, je pense que je pourrais entamer des recherches mondiales… et tester les massages à travers le monde. Bon, peut-être à l’exception de quelques pays dont M. Paul et moi dresserions la liste… Mais… j’y songe… j’y songe… 🙂

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Plaisirs des sens chez les Tchèques

Le jour de notre arrivée à Prague, pour le lunch, on a mangé de la pizza à la Piazzetta du Palladium.

C’est là que je l’ai aperçu. En fait, mes antennes l’ont d’abord «perçu» de loin et m’ont mise sur le «qui-vive». Je sentais sa présence et le cherchais du regard. Mais c’est en me rendant aux toilettes, situées à l’autre bout de l’étage, que je l’ai croisé. Je ne me suis pas arrêtée, pressée par ma vessie, mais mon regard est resté bien accroché sur lui. À m’en tordre le cou. Je ne regardais plus du tout où j’allais, complètement hypnotisée.

Je me souviens m’être demandé si le fait qu’il soit tchèque jouait en sa défaveur. Mais j’ai rapidement balayé cette pensée. Il fallait que je teste par moi-même. C’est plus fort que moi. Chaque fois que j’en vois un, faut je goûte. Surtout que celui-là avait deux étages!!
– M. Paul? On vient souper ici ce soir! T’as vu le tapis roulant à deux étages rempli de sushis???
– Ok… Mais des sushis ici… tu penses que ça va être bon? On est pas près de la mer…
– Oh, STP! On verra bien! Ça peut pas être si pire que ça! Non?
En fait, oui. Ça peut être «si pire que ça». On a eu du plaisir, ça s’est sûr. Nous oui, mais pas nos papilles.

Le nom du resto est Running Sushis. Un excellent choix de nom qui tire assurément son origine du fait que les sushis prennent leur jambe à leur cou et s’enfuient dès qu’ils sont déposés sur le convoyeur.

Résultat? Le choix de plats se limite quasiment à… des mets chinois (poulet à l’ananas, ailes de poulet à saveur de spareribs, masse suspecte frite, friture de friture frite, saumon, saumon sur riz, riz sur saumon, oh! une crevette!!!, rouleau à l’avocat, avocat en rouleau, riz frit, salade d’algues, etc.).

On a joué à «devine c’est quoi le plat». Des heures de plaisir! Enfin… une heure environ. Parce que puisqu’il n’y avait plus de tables de libre autour du petit tapis roulant, ils nous ont concocté une place spécialement pour nous, tout au bout du convoyeur. Je rappelle au passage que nous nous trouvions dans un centre d’achat… Dans le «passage» du centre d’achat justement. D’un côté, nous avions donc les «mets chinois» qui couraient sur le tapis et de l’autre, les clients qui couraient dans les boutiques. 🙂

Le lendemain soir, on a opté pour l’ambiance «Taverne tchèque». Le Lonely Planet suggérait Kolkovna, «propriété de la brasserie Pilsner Urquell, version moderne du bar à bière praguois…» C’était plein à craquer, ce qui est parfois bon signe, parfois signe que l’opération «lobbying» du proprio auprès des guides de voyage a bien fonctionné. Tout dépend du ratio «touristes / locaux», qui devait être 50-50 chez Kolkovna. Verdict: c’était très bon. Mais ô combien bruyant!

Personnellement, ça ne m’a pas trop dérangée. Contrairement à certains soirs, je n’avais pas de besoins particuliers en terme d’ambiances. Mais M. Paul aurait souhaité un peu plus de calme. Il faut dire que le groupe de jeunes Tchèques saouls – visiblement très «près» du proprio ou du gérant – qui étaient assis en diagonal de M. Paul prenaient un malin (voire mesquin) plaisir à observer l’impact que leurs cris hauts en décibels pouvaient avoir sur la foule présente. Je crois avoir compris que le but de leur jeu était d’arriver à faire sursauter la personne assise tout au fond du restaurant… Ils y sont presque arrivés.

Samedi, on a décidé d’essayer un Indien. Nous en avions aperçu plusieurs dans la ville et LP en suggérait quelques-uns, soulignant que ce type de cuisine était en pleine expansion à Prague. Mais mon instinct m’a poussée à chercher un peu sur le Web.

Et… merci TripAdvisor! Les critiques que j’y ai lues m’ont fait oublier toutes les suggestions du guide et on s’est plutôt dirigés vers un coin de la ville qu’on n’avait pas encore visité pour se rendre au restaurant Masala. Wow. Re-Wow. Re-re-Wow.

Je crois que M. Paul se demande encore lequel de ce restaurant ou de celui où nous sommes allés à Londres, réputée pour ses tables indiennes, est le meilleur… Pour ma part, c’est définitivement celui-ci:
1- C’était tranquille. Après la soirée de la veille, la valeur de ce calme se voyait décuplée.
2- La serveuse était vraiment adorable.
3- Le Nan était chaud, tendre au centre, croustillant autour, pas trop huileux.
4- Mes crevettes tandoori étaient… meilleures que tous les mets tandoori que j’ai mangés dans ma vie.
5- Les samossas: faits maison.  
6- L’agneau de M. Paul, tout tendre.
7- Le riz légèrement parfumé…
8- Les légumes étaient frais et croustillants
9- Le vin tchèque suggéré par la charmante serveuse était délicieux.
10- L’extase.
Il faut dire que je venais d’offrir à mon corps un massage tchèque et que, complètement «relax», j’avais les sens au vif!. La preuve, c’est l’effet que le petit morceau (une moitié du tiers d’un ongle de petit doigt d’enfant) de piment fort que j’ai mangé a eu sur moi. Ouch! Je me suis «paquetée» la bouche de pain Nan pour éteindre le feu qui la dévorait. Selon M. Paul, qui rigolait bien de me voir, mon visage était aussi rouge que les morceaux de tomates qui décoraient notre salade!

Samossas et crevettes Tandoori du Masala de Prague... Mmmmm!

Samossas et crevettes Tandoori du Masala de Prague... Mmmmm!

Le dimanche, soir de notre dernier souper, nous nous sommes promenés un peu dans le coin de la station Müstek pour trouver un resto «par nous même», sous l’impulsion du moment. La pluie nous ayant concédé un petit moment de répit, cette marche «sèche» était d’autant plus agréable. On a regardé quelques menus, jeté des coups d’oeil par les fenêtres pour tenter de déceler les ambiances, puis on est entrés au Monarch, dont l’ambiance cosy nous plaisait.

Une fois installés, en parcourant «sérieusement» le menu, j’ai toutefois eu un doute… M. Paul aussi. La grande variété des plats proposés laissait planer une impression de «n’importe quoi». La notion de spécialités diverses dont nous avions bien ri à Bruxelles aurait été appropriée.

Notre doute a – à notre grand plaisir – débuté sa chute libre dès l’arrivée du pain. D’une fraîcheur parisienne et d’un goût particulier particulièrement bon. Le vin de Moldavie: excellent! Le boeuf de M. Paul: juste à point et tendre à souhait. Ma salade: croquante, fraîche et savoureuse et le fromage tchèque avait un p’tit goût de «r’venez-y». Une autre belle trouvaille!

Entre ces copieux soupers, les midis et les après-midis, nous avons bien sûr pris bien soin de nos sens en les stimulant avec:

1- les trdelniks (qui, à première vue, semble être une spécialité plus «touristique» que «locale»… mais je me trompe peut-être :)), qu’on peut se procurer dans les petits kiosques de rue…

Les Trdelnik, une pâte cuite au feu de bois puis trempée dans le sucre et la cannelle.

Les Trdelnik, une pâte cuite au feu de bois puis trempée dans le sucre et la cannelle.

2- …un excellent gâteau aux carottes dans un petit café du Château de Prague…

Croqué sur le vif... avant la dernière bouchée!

Croqué sur le vif... avant la dernière bouchée!

3- …la fameuse goulash et ses knedliky…

Les knedliky, c'est comme une sorte d'éponge culinaire. La capacité d'absorption de ces galettes est impressionnante! Vileda a peut-être une piste pour un chiffon révolutionnaire!

Les knedliky, c'est comme une sorte d'éponge culinaire. La capacité d'absorption de ces galettes est impressionnante! Vileda a peut-être une piste pour un chiffon révolutionnaire!

4- …le «chou», qui se glisse pas mal partout…

Chaud, sucré, vinaigré et pâteux ;-)

Chaud, sucré, vinaigré et pâteux 😉

Nous n’avons toutefois pas essayé la «Bogemian COUISINE» par manque d’espace stomacal, entre autres 🙂 :

La couisine bohémienne, deux fois plus savoureuse que la cuisine :)

La couisine bohémienne, deux fois plus savoureuse que la cuisine 🙂

Ni le restaurant du Père Noël d’ailleurs:

La crise frappe tout le monde... Le vieillard à barbe blanche a dû se trouver un job d'été...

La crise frappe tout le monde... Le vieillard à barbe blanche a dû se trouver un job d'été...

Cela dit, c’est clair que les Tchèques cultivent l’art de bien manger (et de bien nourrir). À tel point qu’ils tranchent même leurs saucissons en forme de coeur:

Une belle façon de dire «Moi j'aime les saucissons»!

Une belle façon de dire «Moi j'aime les saucissons»!

Et on les comprend! Notre expérience gastronomique tchèque ne fut pas totalement tchèque et pas du tout japonaise, mais somme toute… fort agréable (quoi que dure sur le coeur… et la ligne, quand même…)!

 P.S. Dernière chose! Souvent, sur les tables des restos, ils mettent une petite fleur toute mignonne. Simple décoration, à première vue. 
Mais M. Paul et moi, curieux de nature, sommes passés à l’étape de la «deuxième vue». Et nous avons été rapidement intrigués par un détail non négligeable: au coeur de cette fleur est confortablement installé un «p’tit ami» en méditation. Un cousin éloigné de E.T. ou, peut-être, de Yoda, les oreilles en moins:

Chuuuuuuuuut!

Chuuuuuuuuut!


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