Reconnaître son AgathaRuizdelaPrada-o-lisme

«Bonjour. Je m’appelle Missk (Karine pour les intimes) et je suis AgathaRuizdelaPrada-o-lic». Je sais, je sais. Vous, vous le saviez depuis longtemps. Vous avez commencé à vous en douter en voyant mon sourire béat sur les photos prises lors de l’expo Un Jardin de Corazon que je suis allée voir à des kilomètres et des kilomètres un dimanche après-midi de l’automne 2009 (aller-retour le même jour). Puis vous en avez eu la confirmation lorsque vous avez compris que j’avais VRAIMENT payé un prix de (presque) fou (de folle?) pour me procurer une paire de SES lunettes fumées, à Barcelone en mai dernier. On ne peut tout de même pas nier qu’elles sont craquantes avec leurs mignons demi-coeurs sur les côtés:

Cela dit, moi, je ne suis peut-être pas aussi vite que vous parce que je viens tout juste de le réaliser. Il faut dire que jusqu’à maintenant, mes «crises» Agatha Ruiz de la Prada (ARP pour les intimes) restaient espacées.

Une incontrôlable envie d’aller au Champigny – euh… Renaud-Bray - voir et acheter un peu compulsivement – disons le – ses cahiers et autres éléments de papeterie quand j’étais au Québec (et que c’était encore ouvert 7/7 jusqu’à minuit – le bon «vieux» temps). Une toujours aussi incontrôlable envie de visiter sa boutique de Madrid. Un petit détour qui occasionna quelques «coins-de-rues/kilomètres/ »on-arrive-tu câlisse »…» de marche avec un M. Paul (im)patient. Quelques – à partir de combien «quelques» devient «plusieurs»? – allers-retours seule à sa boutique de Paris. Non mais une fille comprend quand même vite… Et la visite de l’expo de Roubaix – toujours avec «M. Paul-on-arrives-tu-câl…». Une fille ne comprend peut-être pas SI vite en fait. Mais sans plus.

Sans plus, sauf que… Après des mois d’abstinence, je viens d’aller visiter le blogue d’Agatha – juste pour voir. Et je vois. Me voilà d’ailleurs prise d’une irrépressible envie de publier sur Facebook –  lien après lien – TOUT ce que je vois, ce que je lis, ce que j’ai manqué sur son blogue depuis quelques mois. Prise de court devant cette pulsion, j’ai décidé de la canaliser dans un billet de blogue…

Il y a les photos prises pour le magazine mexicain Blancopop, que je trouve sublimes:

Pour voir toute la série de photo, c’est par ici!

Il y a également ses Love Sofas que j’imagine très bien trôner au milieu de mon salon:

Je croquerais également goulument dans le tataki créé à son effigie:

Je termine avec deux petites vidéos qui présentent ses créations pour 2011:

 

Plus jamais sans mes lunettes (roses)

Vous le savez, tout au long de l’année dernière, j’ai parcouru/découvert/apprécié/ quelques villes européennes. Elles étaient toutes magnifiques, chacune à sa façon.

Pour chaque nouvelle ville, avant de partir, j’ai pris soin de m’informer, d’acheter des guides, de googler pour trouver des blogues d’«expats» qui avaient déjà assez défriché ces endroits pour m’en faire découvrir un deuxième degré d’attraits… Pour chacune des destinations visitées, j’ai mis mes lunettes (roses) de touriste (mais pas-de-sandales-bas-blancs) et ai apprécié, goûté, savouré, les moindres (ainsi que les non moindres) détails.

Si je prends Barcelone, par exemple (Ahhhhhh! Barcelone!). J’y ai vu les grands classiques:

La Sagrada Familia d'Antoni Gaudí, à Barcelone

Le Parc Güell, Barcelone

Mais également des attraits plus méconnus. Souvent, ces derniers m’aparaissaient soudainement comme de belles surprises au détour d’une rue. Comme cette sculpture, croisée en rentrant de la plage.

David & Goliath d'Antoni Liena

Ou ce petit poisson du Canadien Frank Ghery – dont j’ai entre autres déjà parlé ici et ici – qui veille sur la plage de Barcelone:

Sans parler de ce sympathique cul géant, planté dans le parc de Carles I:

Ou encore cette façade Gaudiesque. N’est-elle pas magnifique lorsqu’elle revêt sa lumineuse robe de nuit:

De retour à Montréal depuis maintenant quelques mois, j’ai pris une importante décision: je ne sors (presque) plus sans mes lunettes (roses) de touriste. Même ici.

Résultat? De belles surprises montréalaises au détour de rues par lesquelles je suis pourtant passée maintes fois, jadis.

Comme l’église Saint-Edouard, à deux pas de mon nouveau chez-moi, qui m’a fait un clin d’oeil lumineux quand je suis rentrée hier soir.

Ou l’église Saint-Enfant-Jésus qui veille sur le Parc Lahaie, juste à côté de l’appartement où j’ai habité quelques mois. Ici envoûtée par la magie d’un soir de pleine lune.

À la mi-décembre, alors que je marchais vers un quelconque débit de boisson en compagnie de M. Paul (alors en visite dans son pays natal), nous avons eu droit à un magnifique spectacle de feux d’artifices au bout de la rue sur laquelle nous marchions.

L’an passé, je vous avais aussi parlé de ces murales, qu’on retrouve un peu partout dans Montréal. J’ai bien hâte de découvrir les «crus 2010» et celles que je n’ai pas encore vues:

 

J’espère ne jamais égarer mes lunettes (roses). Parce que vraiment, j’adore les surprises!

C’est (encore) Noël au Printemps

J’ai toujours aimé les décos de Noël. Parce que c’est joli, parce que c’est magique et surtout, parce que ça me rappelle plein de beaux et doux souvenirs.

Mes parents étaient tous deux professeurs alors ils ne travaillaient jamais dans le temps des Fêtes. Noël devenait ainsi une période de vacances-en-famille-à-la maison dont le coup d’envoi était généralement lancé par la création de notre sapin. Plus souvent qu’autrement, ça, c’était notre job à papa et moi. J’adorais notre sapin. Il était tout simple et tout beau. Une beauté amplifiée par le plaisir que je prenais à le monter. Parce que côté accessoires, je crois qu’on n’a absolument rien renouvelé  en 15 ans! Sauf, peut-être, quelques guirlandes lumineuses et l’ajout d’un train électrique pour entourer le petit village (Ah! Papa et ses gadgets!).

Le seul «mauvais» souvenir que je retiens de ces séances de déco du sapin, c’est qu’à l’époque, quand l’une des petites ampoules des guirlandes lumineuses mourait, toutes ses amies s’éteignaient. Par respect pour la défunte, probablement. Mais peu importe, c’était toujours à MOI que revenait la tâche (ingrate) de rechercher le corps mort de la série. J’en profite donc pour remercier chaleureusement celui ou celle qui, un jour dans un laboratoire, a réussi à régler le problème.

Ce petit rituel a cessé lorsque mes parents ont vendu la maison (et les vieilles décos) il y a quelques années. Mais j’étais déjà «contaminée». Alors aujourd’hui, voir les décorations illuminées quand je marche dehors, voir les enfants – et les plus grands – s’émerveiller devant ces dernières, entendre la p’tite musique de Noël, ça gonfle inévitablement mon coeur de joie.

Lors de mon récent passage à Paris, l’une des premières choses que j’ai fait a été d’aller voir si les vitrines du Printemps et des Galeries Lafayette avaient leur look des Fêtes. Et…. Ouiiiiiiiiiiiiiii! Elles l’avaient! Vous vous rappelez comme elles étaient belles, l’an passé? Perso, je les trouvais plus «magiques» que cette année. Mais vous verrez, celles-ci sont tout de même rigolotes.

Question de bien vous mettre dans l’ambiance, je commence par une petite vidéo. Ne regardez pas la qualité(!) des mouvements de caméra qui ont été dictés par les bousculades, tellement il y avait de monde…  Écoutez plutôt la musique… Sourires – voire rires – garantis ;-) Manque juste l’odeur des marrons grillés, mais sinon, c’est comme si vous y étiez!

Et voici les oursons en photos…

À quelques pas de là, il y a aussi Barbie qui s’en donne à coeur joie:

Et ce n’est pas parce que certaines vitrines sont fixes qu’elles ne sont pas magnifiques:

Quoique j’avoue avoir un faible pour les toutous qui dansent sur du Dancing Queen en français…

…et les poupées qui entrent et sortent d’un gâteau géant en chantant Mamma Mia (toujours en français).

J’ai vu vitrine de Mary Poppins velues…

…et une autre de p’tits bums sympathiques.

Mais le plus magique encore une fois, je crois que c’est de regarder les enfants regarder les vitrines… Priceless!

Un peu plus loin, il y a une série de vitrines de différentes couleurs, mettant en vedette des marionnettes. Cest l’heure du festin chez les marionnettes roses:

Tout le monde danse chez les marionnettes rouges:

Et les vertes sont plutôt vertes de peur, puisque des fantômes se sont invités chez elles…

Si j’ai pu voir les vitrines des grands magasins parisiens, j’ai toutefois été hyper déçue lorsque j’ai appris que le méga marché de Noël des Champs-Élysées – que mes yeux ont grandement apprécié l’an passé - ne débutait que le lendemain de mon départ pour rentrer au Québec.

Conscient de ma tristesse, M. Paul est allé y faire une petite séance photo il y a quelques jours.  C’est (presque) comme si nous y étions… Merci, m’sieur! :-)

Bruges de nuit

Petit week-end à Bruges, ville ayant conservé son look médiéval. Ville aux airs de carte postale. «Un exemple exceptionnel d’habitat médiéval ayant bien conservé son tissu urbain historique tel qu’il a évolué avec les siècles et où le bâti gothique d’origine fait partie de l’identité de la ville», selon  ce qu’on peut lire sur le site de l’UNESCO. L’organisme a inscrit la ville sur sa Liste du Patrimoine mondial qui comprend, au moment d’écrire ces lignes, 911 endroits à travers le monde.

En plus de ce titre prestigieux, celle que l’on surnomme La Venise du Nord réserve mille et un attraits à ceux qui la visitent. Certains plus touristiques – économiquement parlant  et- d’autres, mes favoris, juste beaux.

On peut entre autres dire que l’industrie de la calèche se porte très bien dans la ville:

Je crois qu'au cours du week-end, j'ai vu plus de calèches que de voitures en marche...

Tout comme le commerce de la frite, de la dentelle et de la gaufre:

Le commerce de la bière et du chocolat aussi. La bière, je l’ai bue plutôt que de la photographier. Parce que si une image vaut 1000 mots, le goût de la bière belge vaut, quant à lui, 1000 images. Et perdue dans le plaisir de savourer mes bières, je n’ai pas pris 1000 photos.

Je me reprends donc sur le chocolat. Il y en a de toutes les sortes et pour tous les goûts. Des figurines de Noël, des truffes, des petits carrés/ronds/losanges/rectangles fourrés à plein de trucs – de l’avocat au champagne en passant par le nougat -, des asperges pour ceux qui trouvent qu’ils ne mangent pas assez de légumes…

… ou encore des seins, cadeau idéal à offrir aux papas (c’est, comme vous pouvez voir, ce sur quoi ils basent leur marketing).

Bruges, offre aussi de jolies promenades.

Près des moulins…

…en ville…

…toujours en compagnie d’amis touristes et de l’amie pluie.

L’amie pluie, je me doutais un peu qu’elle nous accompagnerait tout au long du week-end. Déjà pendant le voyage en train, le paysage laissait présager une humidité certaine:

M. Paul: Pauvres chevaux! Ils pataugent dans un pré qui a l’air d’un marécage. Sont tout trempés!

Karine: Ben non! On est en Belgique. Tu me l’as dit toi-même: il pleut tout le temps, alors ils sont habitués. T’as pas vu? Ils ont tous leurs petits savons et ils en profitent pour se doucher.

Quand il est question de tourisme et de voyages, on sauve le jeu comme on peut…

Et puis après tout, je les connais ces villes-là. Le jour, elles laissent leurs touristes se bousculer pour les regarder et les bombarder de photos. Elles font simplement les belles, tout en prenant soin de cracher une petite pluie sur la tête des gens pour s’amuser. Coquines.

On ne peut pas vraiment leur en vouloir: vu de haut, c’est vrai que ce doit être rigolo de voir tous ces parapluies de touristes s’entrechoquer. C’est ce qu’on appelle de l’extreme umbrelling. Un sport qui nécessite une bonne dose de technique, de force, de stratégie et, parfois, un peu de mauvaise foi.

Mais au risque de me répéter, je connais ces villes-là. C’est pour cette raison que samedi, vers 15h, les pieds bien mouillés dans mes chaussures inondées, j’ai déclaré à M. Paul que je rentrais à l’hôtel me sécher. Mon but caché: être reposée et me faire sécher les orteils pour la soirée.

Parce que c’est la nuit que les villes comme Bruges déploient leurs plus beaux charmes. Quand tous les touristes sont rentrés, épuisés par les durs combats de la journée, Bruges dénoue ses cheveux, revêt sa robe médiévale brumeuse et se pare de ses merveilleux bijoux lumineux. La voilà prête à se laisser admirer et immortaliser.

Constatez par vous-même, voir Bruges de jour ou de nuit, c’est vraiment le jour et la nuit:

On a eu droit à un shooting (presque) privé:

P.S. Je suis là à dire que «Je connais ces villes-là» et suis très heureuse d’avoir vu juste. Mais je dois avouer qu’avant de lire les nouvelles, j’étais loin de me douter qu’au fond, nous avons vraiment été chanceux de pouvoir prendre ces belles photos en marchant dans une Bruges toute douce et calme, samedi soir. Parce que certaines villes de Belgique ont reçu tellement de pluie cette même nuit, qu’il y a eu deux morts ! :-(

Excès allemands

Le week-end dernier, je suis allée à Munich. C’était ma première fois en Allemagne. Chanceuse, j’étais tout de même bien préparée parce que mon amie Mel, une habituée du pays, m’avait fait répéter les trois mots-clefs à retenir pour vivre décemment mon séjour: «Ein Bier, bitte». Paraît que si elle est répétée plusieurs fois par jour, cette phrase magique vous fait oublier tous vos soucis.

Je n’ai pas eu à tester parce que je n’avais pas vraiment de soucis. Et puis dès la ride de train entre l’aéroport et la ville, j’ai ressenti un grand calme. Exception faite des quelques minutes pendant lesquelles un groupe d’Allemands aux voix bien portantes se sont amusés à répéter tous les mots anglais que crachait le petit interphone du wagon en riant gras («Next station / HAHAHAHAHA» «Exit the train / HAHAHAHAHA», et ainsi de suite). Donc, mis à part ce relent de cacophonie, oui, c’est calme l’Allemagne. Calme, propre (vraiment propre!), ordonné. Agréable. Simple. Pas compliqué. Sans souci.

Malgré tout, c’est au cours de ce même week-end que j’ai vécu tout plein de mini-excès. Est-ce que c’est par opposition  au calme et à l’ordre que ces petites tranches de vies me paraissent excessives? Peut-être… Toujours est-il que…

1. J’ai mangé plus de pretzels en un week-end que je n’en avais mangé jusqu’à maintenant dans ma vie. Faut dire qu’à 85 centimes le pretzel, ils sont plus accessibles qu’au Centre Bell. Et ils sont meilleurs aussi.

2. J’ai aussi vu M. Paul s’étouffer en croquant dans une (excessivement) grosse motte de fromage râpé. C’est que le dit fromage râpé était en fait du raifort:

Le raifort, c'est le petit tas blanc dans l'assiette. Il en a avalé au moins la moitié d'un coup. Et, oui, on peut aussi parler d'excès de charcuteries dans les assiettes... ;-)

3. À la Cathédrale Notre-Dame, j’ai pu constater que le p’tit Jésus pouvait lui aussi ressentir des excès d’ennui:

Soupir

4. Tout comme ses porte-paroles, d’ailleurs:

Soupir bis

5. Dans le Englischer Garten, il y avait tout plein de couleurs… Un excès? Presqu’autant qu’au Québec (le «presqu’» est optionnel…)

Joli, oui?

6. Des couleurs jusque dans un petit tunnel. Tunnel que j’ai cru être un skate park le temps d’un coup d’oeil, mais non. C’était bel et bien un petit tunnel pour piétons et cyclistes, tout en dessins (oui, excessivement charmants!):

Sympathique et rigolo

7. Donc une grosse dose de couleurs, mais aussi du noir. Beaucoup de noir. Des corbeaux. Plus de corbeaux en un tableau de coup d’oeil que de mouettes autour d’un McDo en deux-troix clignements. Pas bruyants, pas chiants (du moins, pas sur moi), juste noirs… Très noirs. Excèssiv…. noirs.

En voici un. Il y en avait une j'sais-pas-trop-combien-taine. Beaucoup, en tout cas.

8. À la sortie du parc, nous avons marché un peu, sans but précis. La nuit tombait, nous étions zens et insouciants (à défaut d’être *vraiment* jeunes et insouciants). J’ai soudainement vu un (joli) garçon passer, tout de spandex vêtu, une planche de surf sous le bras: «Mais qu’est-ce qu’il fout là? Fait -5 dehors!». Notre réponse est arrivée avant le coin de la rue. Et je peux maintenant dire qu’à Munich, j’ai vu plus de surfers en action en 15 minutes que je n’en ai vus en 2 semaines à Hawaii ou en 3 jours à Biarritz:

Yeah!

9. Pour rester un peu dans le même esprit, je ne m’en plains pas du tout, mais j’ai aussi vu un concentré de beaux bonshommes au cours de mon week-end à Munich. Vraiment beaux. Et avec, en prime, le p’tit air timide du mec qui n’a aucune idée qu’il est mignon. Cela dit, messieurs, rassurez-vous, il y a aussi plusieurs très jolies filles. J’en ai vu et M. Paul en a été (limite) époustouflé. Particulièrement à la Pinakothek der Moderne.

Pinakothek, d’ailleurs, où je dois avouer avoir été (limite) excessivement déçue. On m’avait promis du Pipilotti Rist sur un site Web qui n’avait peut-être pas été mis à jour (PAS celui de la Pinakothek même) et dans tout l’établissement il n’y avait qu’un seul tableau de Pipilotti (pas de vidéo!): une fille toute nue qui me parlait franchement moins que tout ce que j’ai vu (et apprécié) de cette artiste… Mais bon. Tant qu’à être là, autant s’amuser, alors dans un (mini)excès de délinquance, M. Paul et moi avons pris quelques photos:

Où est M. Paul sur ces trois photos?

10. À côté de la Pinakothek der Moderne, il y a le musée Brandhorst. On l’avait remarqué de l’extérieur parce qu’il est plein de couleurs! Puis, alors que nous trainions tous deux de la patte, déçus de notre expérience pinakothekienne, l’attention de M.Paul a été attirée par des pubs du musée Brandhorst sur le trottoir. Ces dernières nous promettaient des pièces inédites de Wharol, Basquiat, Koons, Twombly et plusieurs autres… Nous étions tous les deux fatigués, mais une telle promesse artistique peut suffire à nous remettre sur pied l’un comme l’autre. Puisque dans ce cas, la promesse était grande, j’ai vite vérifié et le musée était ouvert jusqu’à 20h le dimanche. Nous y sommes donc entrés.

Et même si je n’y ai vu aucun Basquiat, je crois que les Wahrol que j’ai vus – que je n’avais encore jamais vu en vrai même si, croyez-moi, j’en ai vu des Wahrol – et les Damien Hirst, ont suffi à me satisfaire. Un mini-Koons aussi. Je ne l’ai pas pris en photo, mais d’autres l’avaient fait. Tout mignon, non?

Bref, Damien Hirst m’a aussi fait voir un nombre incroyable de pilules d’un seul coup. Ça m’a marquée parce que presque toute sa vie, papa a dû en prendre une quinzaine – parfois plus – par jour. Je dirais que l’oeuvre de Hirst prenait toute une perspective à travers mes yeux…

La dernière photo, ce sont les roses de Cy Twombly. Des roses...

11. Je devrais peut-être arrêter à «10». Après tout, c’est un chiffre rond. Mais non. Je terminerai à «11» en disant que mon dernier «excès» allemand, c’est à l’aéroport que je l’ai vécu. Un excès de tristesse. En pensant à la mort récente de mon papa. Inexplicable quoiqu’explicable, on s’entend. Mais inexplicable dans le sens de «pourquoi toute cette tristesse LÀ et pas 2 jours avant?» M. Paul ne savait plus où donner du mouchoir et je ne savais plus où donner du nez et des yeux. Y’avait rien de particulier. Juste de la peine à sortir.

Et ce soir-là, le mec d’Air France qui appelait les passagers à l’aéroport, il était Québécois. Ça s’entendait à sa voix quand il appelait «Bonjour! Ceci est le message pour les passagers du von AFXXX. Les passagers des rangées XXX à XXX sont priés de…». Toujours est-il que c’est lui qui a lu mon passeport. En le voyant, deux minutes avant l’embarquement, il a dit «Saint-Jérôme?» avec le petit regard complice des compatriotes à l’étranger. J’ai répondu «oui». Et ça m’a fait du bien.

Merci, étranger Québécois qui travaille pour Air France à Munich! Lundi dernier, grâce à toi, mes yeux se sont asséchés juste assez pour voir une étoile/planète rassurante dans le ciel. Étoile/planète qui depuis, me suit…

Carte postale d’un (autre) week-end au Paradis

Je me sens toute zen. C’est l’effet post-week-end au Paradis, où j’ai passé le dernier week-end. Avec M. Paul, David et Élisabeth. Un week-end de trois jours en France. Parce que c’était la Toussaint – la fête des saints à la veille de la fête des Morts. Ainsi, les salariés avaient congé et certaines stations de radio comme RTL ont fait des émissions sur la mort et tous les frais, toutes les questions, toute la paperasse qu’elle engendre. Quel hasard, j’avais justement envie d’en savoir plus (ironie, mais honnêtement c’était somme toute intéressant).

Un week-end qui a tout de même débuté – comme tout bon week-end de Parigots qui s’éjectent vers la banlieue pour 3 jours – dans un trafic grisounet et sans vraiment de saveur autre que le goût de la hâte :

Un week-end qui finit par aboutir au Paradis – donc – et un week-end sous le soleil. Oui, oui, sous le soleil en Normandie.

Ce qui me pousse à faire, en toute honnêteté, une affirmation on ne peut plus officielle: jusqu’à ce jour, je n’ai vu que du soleil en Normandie. Je veux bien essayer de comprendre tous les produits dérivés comme ça et ça ou encore ça qui ont basé leur marketing sur le fait qu’il pleut toujours dans ce coin de pays, mais la réalité veut que chaque fois que j’y ai mis les pieds, le soleil brillât. Constatez par vous-même (encore une fois):

Le soleil… Et même la lune en plein jour:

De ce soleil, je m’en suis réjouie tous les jours du week-end (tout comme nos hôtes, je crois). Et j’ai bien sûr pensé à mes amis Québécois qui, pendant que je regardais ce délicieux coucher de soleil à Pïrou en mangeant un tout aussi délicieux plateau de fruits de mer, accueillaient leur première neige…:

Ce même matin, M. Paul et moi avions pris une petite marche du El Biao Cotentin jusqu’à la plage. Une marche débordante de belles vues à immortaliser.

Dès notre  point de départ au El Biao:

Sur la route…

Sur la plage…

Ainsi qu’au retour, alors qu’un sympathique petit poney nous a dit un beau «bonjour» (toujours sous le soleil)…

Juste avant de rentrer, nous avons également fait un petit saut pour voir l’église de Bretteville-sur-Ay qui trône à la pointe d’un «Y» au coeur de ce charmant petit village normand…

Mais aucune de ces belles images n’arrive à égaler la beauté de l’accueil  de nos hôtes au El Biao. Je l’ai déjà dit et le répète: si vous passez par la Normandie et que vous avez la chance de vous y arrêter une nuit – ou deux ou trois – GO!

Ce sera l’un des plus beaux séjours de votre vie.

 

 

Mon nouvel ami fantôme à Paris

24 octobre 2010. Je viens d’atterrir à Paris où je passerai le prochain mois.

Parlant de mois, ça fait aujourd’hui un mois jour pour jour que mon papa – le plus fort – nous a quittés. Que mon papa «a décidé de nous quitter», en fait. A décidé d’arrêter de souffrir.

Ou plutôt que mon papa, par choix, «est décédé». Parce que je ne me suis pas encore fait une tête à savoir si sa mort biologique signifie la fin en soi ou s’il est avec nous d’une quelconque façon. Je souhaite de tout coeur qu’il soit là, avec moi, avec nous, tout le temps. J’espère qu’il me regarde de temps en temps, bien assis sur son petit nuage et que je le fais rigoler quand je fais des gaffes ou que je dis des jokes plates (il était tellement mon meilleur public!). Mais je ne sais pas.

En cessant de respirer, c’est comme s’il m’avait soufflé: «Allez, ma grande. C’est le temps d’y penser, là. Pas de «dernière minute» sur ce coup-là, hein! C’est le temps de décider ce à quoi tu crois.» Ça fait un mois et je n’ai pas encore décidé. Pour le moment, il est là quand ça me tente qu’il soit là. Et il a le dos large. «Pas le temps de me rendre? Ah ben papa doit penser que c’est mieux que je n’y aille pas». «Une contravention évitée de justesse? Intervention de papa, c’est sûr!». «Un serveur chiant qui échappe soudainement une soupe sur sa chemise devant tout le monde? Cré papa!» Ainsi de suite…

Aujourd’hui, son dos s’est élargi jusqu’au cimetière du Père Lachaise. Alors que je descendais la rue Gambetta avec M. Paul – un chemin par lequel je suis passée de nombreuses fois en joggant l’an passé – je me demandais comment je réagirais maintenant, quand je me promènerais dans les cimetières. J’ai toujours aimé y marcher, les découvrir. Toujours aimé le calme qui y règne(!). Mais qu’en serait-il maintenant? Maintenant que je comprends la douleur qu’ont pu susciter ces tombes. Maintenant que je me demande ce qu’il est advenu de toutes ces personnes. Maintenant que le mot «cimetière» a une signification différente et pluridimensionnelle dans mon lexique perso?

J’en étais à peu près là dans ma réflexion quand M. Paul, pointant le mur de pierre qui entoure le Père Lachaise s’est écrié: «Check! On dirait le coyote de Bugs Bunny qui a foncé dans le mur!» J’ai checké et, pour la première fois, j’ai aperçu cet espèce de fossile humain dans la pierre:

Est-ce l’emplacement dédié à un monument temporairement retiré pour restauration? Une sculpture artistique? Sais pas. Et je n’ai pas envie de chercher.

Pour moi, c’était papa qui, de toute la largeur de son dos, me disait: «T’as toujours aimé les cimetières. L’an passé, aller au Père Lachaise, c’était ton p’tit bonheur des crépuscules dominicaux. Veux-tu ben me dire pourquoi ce serait différent maintenant? Si t’as envie de commencer à te faire des histoires, ben je vais t’en faire en dehors du cimetière pour te satisfaire. Kin. V’là un bonhomme qui a l’air d’un fantôme l’autre bord des tombes. Mets sur mon dos toutes les belles affaires qui t’arrivent, ça va me faire plaisir. Mais commence pas à m’utiliser comme plate excuse pour arrêter de faire ce que t’aimais.»

Bien reçu, p’pa ;-) D’ailleurs, ce beau soleil qui m’a éblouie quand j’ai détourné le regard de M. Fantôme, je le mets sur ton dos aussi:

Kin toi-même :-)


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